Publié le 15 mars 2017 à 19:02

En 2017, les Verts de Cannondale font chou blanc

(c) Sirotti

Tout vient à point à qui sait attendre. À défaut sans doute, la formation Cannondale applique le proverbe à merveille depuis le début de la saison. Quand ses rivaux rangent les premiers trophées, les Verts rougissent d’un tableau vierge.

Pire, la formation américaine n’a placé un de ses coureurs qu’à trois reprises sur le podium. Simon Clarke, battu par Wellens sur la 5e étape du Tour d’Andalousie, a été le plus proche d’ouvrir le compteur.

En juge un brin subjectif de son équipe, Jonathan Vaughters avancerait l’argument du porte-monnaie. « Ce n’est pas un secret : nous n’avons pas le plus gros budget du peloton », confiait le manager américain au Grand Plateau en janvier.

Mais voilà, les Team Sunweb ou Dimension Data, dont le budget se rapproche passablement de celui de Cannondale, ne roulent pas non plus sur l’or. Pourtant, à eux deux, ils peuvent se vanter de sept victoires depuis le lancement de la saison.

Un effectif timide

À l’instar d’Uran, l’équipe Cannondale ne trouve pas le chemin de la victoire en 2017 – (c) Sirotti

Qu’est-ce donc qui met les bâtons dans les roues à l’équipe Cannondale, auteur de 18 succès la saison dernière ? Sans doute, son effectif lui-même. S’il ne faut pas jeter la pierre à Sep Vanmarcke, dont l’objectif des Flandriennes approche, les Australiens ont, en revanche, des remords à nourrir.

Simon Clarke, en particulier, n’a pas connu un départ tonitruant. Milan – San Remo, sa prochaine échéance, ne devrait pas inverser la tendance. Les nouveaux arrivés William Clarke et Brendan Canty ne sont pas parvenus à se sublimer sur leurs routes.

Quant aux leaders Rigoberto Uran et Pierre Rolland, les résultats sont désolants. Le second n’affiche pas la grande forme et le premier est encore un peu juste pour s’imposer. Il y péril en la demeure chez Cannondale. À jeter son dévolu sur deux solides recrues, n’aurait-il pas été préférable de miser sur un véritable leader, capable de donner l’élan salvateur aux Américains ?

Des ambitions peu motivantes

Depuis le début de la saison, les Américains courent dans l’ombre – (c) Sirotti

Comme dans toute entreprise, des objectifs ciblés permettent de motiver les troupes. Chez Cannondale, le manque avoué d’ambition ne galvanise personne. « Les Ardennaises peuvent être plus intéressantes pour nous, racontait Jonathan Vaughters à l’orée de la saison. Être compétitif dans les classiques – en gagner une éventuellement – est un objectif ».

Rien de bien précis Outre-Atlantique. Comment donc partir le couteau entre les dents sur une course avec des objectifs dénués de clarté ?

Jonathan Vaughters reconnaissait vouloir construire un projet dans la durée, donnant des opportunités aux jeunes d’évoluer et permettant à ses leaders de s’épanouir. Pour l’heure, il n’en voit pas les fruits. Après deux mois seulement, il est sans doute un peu tôt pour lui porter préjudice.

Il n’en reste pas moins que Cannondale traîne les pattes à l’arrière du peloton mondial en 2017. Une situation sans avenir et à laquelle il faudra, un jour ou l’autre, y remédier.

Manager : Jonathan Vaughters
Nationalité :
Site officiel : http://www.slipstreamsports.com
À propos de Mathieu Roduit 220 Articles
Étudiant en licence d'information et de communication, Mathieu a déjà mis un pied dans le monde du journalisme. Pigiste sportif dans plusieurs quotidiens en Suisse, il possède de nombreuses cordes à son arc. Ce cycliste amateur a fait de la petite reine son domaine. Mathieu a cofondé Le Grand Plateau.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*