Publié le 20 mars 2017 à 12:25

À chaque type de classique son scénario

(c) Sirotti

Samedi, à Milan – San Remo, Michal Kwiatkowski a réglé au sprint un petit comité sur la Via Roma. Cela n’a pas toujours été le cas sur la Primavera. Au printemps, les sprinteurs, les puncheurs et les Flandriens rivalisent tous pour se présenter les premiers sur la dernière ligne droite.

Tour d’horizon des différents scénarios d’arrivées sur les classiques de printemps.

Milan – San Remo, récent rendez-vous des sprinteurs

Sur la « Classicissima », les arrivées n’ont pas toujours été aussi groupées. Avant les changements de parcours, les arrivées en solitaire étaient fréquentes. Depuis l’existence de la course, cinquante hommes se sont présentés en solitaire dans la cité de Ligurie.

Or, depuis le début du siècle, un seul coureur a réussi à fausser compagnie au peloton et s’adjuger l’épreuve en solitaire. En 2008, le Suisse Fabian Cancellara laissait le Transalpin Filippo Pozzato à quatre secondes.

Des scénarios pour chaque classique

Le parcours modifie passablement les types d’arrivées sur les classiques. Une hypothèse qui se confirme dans les chiffres. Le GP E3, Milan – San Remo ou Gand-Wevelgem ont régulièrement couronné des sprinteurs depuis 1980.

À l’inverse, les Flandriennes comme le Tour des Flandres et Paris-Roubaix ne se sont jamais achevés en sprint massif depuis plus de trois décennies. Évidemment, les pavés sont plus sélectifs.

Et si Liège-Bastogne-Liège a souvent vu un petit groupe s’expliquer au sprint, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix sont les courses les plus propices à des barouds en solitaire. Lors des 37 dernières éditions, près de 23 hommes ont franchi la ligne du vélodrome de Roubaix loin devant le peloton.

Des courses davantage sélectives

Statistiquement, les courses les plus longues ont permis de creuser davantage d’écarts lors d’arrivées solitaires. Ainsi, à Paris-Roubaix, les vainqueurs en solitaire se sont présentés avec 3 minutes et 41 secondes d’avance, en moyenne, sur leur dauphin. À Milan – San Remo, l’écart est quasiment identique.

Hors, en Belgique, le Tour des Flandres a souvent été plus disputé entre les deux premiers du classement. L’écart moyen de l’ensemble des éditions ne s’élève qu’à 1 minute et 33 secondes.

Des scénarios d’un autre temps

En remontant dans les palmarès, des scénarios de course prêtent à sourire. Lors d’un Milan – San Remo du début du 20e siècle, le Français Eugène Christophe bénéficiait de plus d’une heure d’avance sur son dauphin. Un gouffre.

Au fil des décennies, les écarts n’ont eu cesse de se réduire. Depuis 2010, lors des plus grandes classiques de printemps, l’écart entre le premier et son dauphin a rarement dépassé la minute. Les temps ont bien changé.

Chaque classique de début de saison semble donc suivre un scénario plus ou moins adapté à son profil au fil du temps. Des exceptions demeurent, mais les arrivées massives sont plus fréquentes, tant le peloton tend à contrôler la course.

Mais, les coureurs le répètent fréquemment, sur une course, tout peut se passer.

À propos de Mathieu Roduit 221 Articles
Étudiant en licence d'information et de communication, Mathieu a déjà mis un pied dans le monde du journalisme. Pigiste sportif dans plusieurs quotidiens en Suisse, il possède de nombreuses cordes à son arc. Ce cycliste amateur a fait de la petite reine son domaine. Mathieu a cofondé Le Grand Plateau.

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