Publié le 13 mars 2017 à 20:23

Alberto Contador, le perdant magnifique

© ASO/K.D.Thorstad

Comme à son habitude, Alberto Contador a dynamité la dernière étape de Paris-Nice, avec panache. Le coureur Trek-Segafredo était l’homme le plus fort de la course. Pourtant, il n’a pas concrétisé sa domination. Deuxième de l’étape et deuxième du classement général, le Pistolero ne dégaine plus.

Ce dimanche, Paris-Nice a échappé à Alberto Contador pour deux minuscules secondes. Un souffle. Mais c’est bien dans les bourrasques des Yvelines, une semaine plus tôt que le champion espagnol a perdu la Course au Soleil. Emporté par le vent, le grimpeur n’a pu que limiter la casse. Dans un deuxième peloton, il a vu filer ses futurs adversaires, dont Sergio Henao, mieux entouré.

Des victoires de plus en en plus rares

Prisonnier de son panache, Alberto Contador ne parvient plus à lever les bras – © ASO/A.Broadway

Alberto Contador a un palmarès de champion. Avec sept grands Tours et des courses par étapes de prestige, il est le meilleur coureur de tours de sa génération. Pourtant depuis quelques saisons, le Pistolero a perdu son instinct de vainqueur. Toujours placé, l’Espagnol n’est que rarement gagnant. Quatrième de la Vuelta, cinquième du Dauphiné Libéré, deuxième du Tour de Catalogne, deuxième de Paris-Nice, il ne réussit pas à triompher.

Depuis une Vuelta 2014 dominée, le cycliste de Pinto semble en légère perte de vitesse, malgré un Giro 2015 maîtrisé, mais sans victoire d’étape. La faute à une équipe moins forte et à une concurrence plus armée. Face à Christopher Froome et Nairo Quintana, l’Espagnol ne trouve pas la faille. Cependant, le coureur de 34 ans continue de nous régaler par son audace. Au milieu d’un scénario trop souvent prévisible, le trublion hispanique vient bousculer les prévisions.

Un instinct de coursier 

Débordant d’envie, Contador a tout donné sur les pentes du Col d’Eze – © ASO/K.D.Thorstad

En effet, Contador n’est pas du genre à attendre. Depuis son retour de suspension, le double vainqueur du Tour de France est le spécialiste des retournements de situation. Une stratégie qui ravit les suiveurs, mais un choix par défaut pour l’Espagnol. Moins bien entouré que ses adversaires, son premier objectif est de les isoler. Une mission qui doit commencer loin de l’arrivée. Nul doute qu’un Contador chez Movistar ne se tenterait pas à des offensives si lointaines. A l’image du leader escorté qu’il était chez Astana de 2008 à 2010.

Ses démarrages imprévus, son style de course, son état d’esprit sont des ingrédients propices à une course de folie. Aujourd’hui, l’Espagnol a une excellente côte de popularité. Une tendresse qui s’acquiert au fil de ses défaites. Dans son rôle de perdant magnifique, Contador attire la sympathie. Le Pistolero ne lève plus les bras, mais il a gagné l’amour du public. Sans succès sur l’asphalte, le cycliste a remporté une victoire sur le bord de la route.

Nationalité :
Age : 34 ans
Equipe : Trek – Segafredo
À propos de Romain Michel 140 Articles
Diplômé en Master Information et Communication à Lyon, Romain est un sportif accompli depuis la sortie du berceau. Il rejoint le Grand Plateau après plusieurs expériences dans les médias. Cycliste amateur, il pose un regard passionné et avisé sur le peloton.

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