Publié le 5 janvier 2017 à 19:24

Cannondale joue la carte de la diversité

(c) Cannondale

La formation Cannondale-Drapac a roulé sa bosse. Présente à l’échelon mondial depuis 2009, alors sous le nom de Garmin, l’équipe du repenti Jonathan Vaughters sort pourtant d’une saison difficile.

Entre un Andrew Talansky, qui n’a pas accroché de grande victoire à son palmarès, et un Pierre Rolland, en dessous des expectatives, Cannondale-Drapac a déçu en 2016. Alors, lorsqu’on lui demande si la saison a été à la hauteur de ses attentes, Jonathan Vaughters donne une réponse qui a le mérite d’être claire : « En un mot ? Non ». Il ne tarde pas à apporter des explications. « Nous avons entamé l’année en ayant des objectifs assez ambitieux, avec l’intention d’emmener Rigoberto Uran sur le podium du Giro », rappelle-t-il. Le Colombien se contenta de la 7e place au général.

À l’image de ce résultat, Cannondale a collectionné les bonnes places, sans jamais décrocher le Graal. « Il y a plein de motifs de satisfaction, même s’il nous manquait cette grande victoire », reconnaît le manager américain au Grand Plateau.

Sep Vanmarcke, l’une des plus grosses recrues de Cannondale – (c) Sirotti

Deux solides recrues, mais pas de folies

Lors de la future saison, Cannondale devra continuer de faire avec les moyens du bord. « Ce n’est pas un secret : nous n’avons pas le plus gros budget du peloton », glisse Vaughters.

La formation de la marque de cycles a donc jeté son dévolu sur deux coureurs en perte de vitesse dans leur formation respective : Taylor Phinney et Sep Vanmarcke.
Le premier, champion américain du chrono, a plus souvent endossé le rôle d’équipier chez BMC en 2016. Le second court toujours après une première victoire de référence.

Dans le même temps, cinq coureurs de seconde zone sont venus compléter l’effectif. « J’essaie d’allier jeunesse et expérience, lâche Vaughters. Nous sommes une équipe jeune et diversifiée et j’aime ça ».

Jonathan Vaughters: « J’essaie d’allier jeunesse et expérience ».

Une classique et des étapes de grand Tour dans le viseur

Pierre Rolland, qui a joué de malchance en 2016, doublera Giro et Tour en quête de victoires d’étape – (c) ASO/P.Ballet

Avec des moyens aussi limités, difficile d’être compétitif face aux grosses armadas du peloton. « Pour la victoire au Tour de France, c’est compliqué de rivaliser avec Sky, regrette ainsi Jonathan Vaughters. Je ne dis pas que c’est impossible, mais actuellement, c’est un défi de taille pour la plupart des équipes ». 

Comme en 2016, l’équipe Cannondale misera donc sur des victoires d’étapes sur les grands Tours. Avec des hommes comme Rolland, Uran, Slagter ou Talansky, les chances ne manquent pas.

Le second objectif des protégés de Vaughters aura lieu un peu plus tôt dans la saison. « Les Ardennaises peuvent être plus intéressantes pour nous, je pense. Le temps nous le dira », glisse le directeur sportif américain. Il précise encore: « Être compétitif dans les classiques – en gagner une éventuellement – est un objectif ».

Sans réel leader pour galvaniser les troupes, Cannondale jouera par conséquent le coup d’un jour. « Nous voulons aussi donner la chance aux jeunes d’acquérir de l’expérience dans les grandes courses, tout en étant plus offensifs que l’année dernière dans les courses d’un jour », ajoute Jonathan Vaughters. Le train vert semble lancé sur de bons rails. La patience est désormais de rigueur outre-Atlantique.

Arrivées: Thomas Scully (Drapac), Sep Vanmarcke (LottoNL-Jumbo), Taylor Phinney (BMC), Hugh Carthy (Caja Rural), William Clarke (Drapac), Brendan Canty (Drapac), Tom Van Asbroeck (LottoNL-Jumbo).

Départs: Jack Bauer (Quick-Step Floors), Alan Marangoni (Nippo-Vini Fantini), Phillip Gaimon (Retraité), Ramunas Navardauskas (Bahrain Merida), Moreno Moser (Astana), André Cardoso (Trek-Segafredo), Kristoffer Skjerping (Team Joker), Ruben Zepunkte (?), Benjamin King (Dimension Data), Matti Breschel (Astana).

Manager : Jonathan Vaughters
Nationalité :
Site officiel : http://www.slipstreamsports.com
À propos de Mathieu Roduit 221 Articles
Étudiant en licence d'information et de communication, Mathieu a déjà mis un pied dans le monde du journalisme. Pigiste sportif dans plusieurs quotidiens en Suisse, il possède de nombreuses cordes à son arc. Ce cycliste amateur a fait de la petite reine son domaine. Mathieu a cofondé Le Grand Plateau.

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