Publié le 11 juillet 2017 à 18:12

Daniel McLay, le timide bagarreur

© Sirotti

Son nom ne figure pas au sommet du classement ce mardi soir. Mais Daniel McLay, un Britannique d’origine néo-zélandaise, flanqué du maillot Fortuneo – Oscaro, s’est affiché l’espace de quelques secondes aux avant-postes. Vite rattrapé par une fusée dénommée Kittel, McLay a décroché une des places d’honneur (7e).

Peu importe son rang, et même si la concurrence s’affaiblit de jour en jour dans les sprints, Daniel McLay continue de creuser son nid dans le monde des grosses cuisses. Sans jouer des coudes, avec l’élégance de ses compatriotes britanniques, le jeune professionnel prend du galon.

Pourtant, l’oisillon a mis du temps à éclore. A son arrivée sur le Vieux Continent, pour ses premiers jalons chez les espoirs, le jeune McLay, âgé de seulement 19 ans, affichait une timidité déstabilisante pour ses pairs. « Il était vraiment calme et pas très extraverti », se souvient Tim Harris, un ancien champion de Grande-Bretagne sur route, auprès de Cyclingnews.

Quinze jours et un talent brut ont suffit à propulser Daniel McLay sur le devant de la scène, bien malgré lui. Victorieux du GP Stad Waregem 2011, la formule espoirs d’A Travers la Flandre, le polyvalent britannique -il est passé par le cyclo-cross, la piste et la route- a brisé la coquille et s’est attiré les faveurs de la côte dans sa catégorie. A tel point que l’équipe développement de l’ancienne Omega Pharma-Lotto, le bataillon de Patrick Lefevere, le prend sous son aile.

Un coup de coeur d’Emmanuel Hubert

À Montauban, sur le Tour 2016, Daniel McLay n’est pas passé loin de la plus belle victoire de sa jeune carrière – © Sirotti

Le garçon grandit au plat pays et s’entraîne comme un forcené sur les champs de bataille ancestraux des héros posthumes de la petite reine. En 2014, pour sa 4e année chez les espoirs, le citoyen de Leicester enlève des étapes sur les Tour de Normandie et de l’Avenir. Il est prêt à franchir le pas des professionnels.

C’est sous la houlette d’Emmanuel Hubert, le manager de Bretagne Séché, que Daniel McLay trouvera son bonheur. En novembre 2014, il quitte la Grande-Bretagne pour la petite et pose ses bagages à Brest. Son profil « bagarreur », sa formation sur la piste et son état d’esprit ont rapidement séduit dans le collectif breton, comme l’évoquait Emmanuel Hubert à Be Celt.

Et le boss de Bretagne Séché ne manque pas de flair. En février de sa première saison chez les pros, dans la campagne gabonaise, Daniel McLay part chercher son premier bouquet au plus haut niveau. Lors de la 3e étape de La Tropicale Amissa Bongo, il brûle la politesse à son coéquipier Yauheni Hutarovich. Le Biélorusse lui rendra la pareille cinq jours plus tard.

Il grandit dans l’ombre

Au sortir de ses premières courses professionnelles, Daniel McLay a déjà prouvé qu’il n’avait pas froid aux yeux. En contraste total avec le tempérament du Kiwi d’origine.

La saison 2016 est celle de la confirmation pour McLay, désormais 24 printemps au compteur. Quatre jours après sa tentative avortée sur Paris-Roubaix (abandon), le sprinteur refait parler la poudre. Lors du GP de Denain, où il s’impose au terme d’une trajectoire dont lui seul semble en avoir la conviction.

Rebelote un mois plus tard au Grand Prix de la Somme. Cette fois, la tête de turc s’appelle Nacer Bouhanni. Preuve que Daniel McLay a maintenant écarté sa timidité pour se mesurer aux grands de ce monde. Son premier Tour de France lui tend les bras.

Emmanuel Hubert offre sa chance au Britannique et, le 6e jour, à Montauban, Daniel McLay lui donne raison en terminant 3e de l’étape, dans l’ombre de Mark Cavendish et de Marcel Kittel. Même si la suite de la saison ne sera pas aussi couronnée de succès, Daniel McLay rempile une saison de plus chez les blancs et bleus.

Vainqueur prometteur du Trofeo Palma, sa première classique, au tout début de la saison, il restera muet depuis. Mais, comme dans ses années juniors, Daniel McLay se renferme dans une discrétion naturelle sur le Tour de France.

Alors que Mark Cavendish, Peter Sagan, Arnaud Démare ont pris la porte de sortie de la Grande Boucle, Daniel McLay peut s’épanouir plus sereinement. Certes, Marcel Kittel demeure intouchable. Mais, à 25 ans, l’Anglais se construit une carrière à l’abri des projecteurs. Une attitude qui pourrait, un jour, l’amener au sommet.

Nationalité :
Age : 25 ans
Equipe : Fortuneo – Vital Concept
À propos de Mathieu Roduit 220 Articles
Étudiant en licence d'information et de communication, Mathieu a déjà mis un pied dans le monde du journalisme. Pigiste sportif dans plusieurs quotidiens en Suisse, il possède de nombreuses cordes à son arc. Ce cycliste amateur a fait de la petite reine son domaine. Mathieu a cofondé Le Grand Plateau.

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