Publié le 24 février 2017 à 19:20

Edward Theuns : « J’espère me battre pour la victoire au Het Nieuwsblad »

© Sirotti

Edward Theuns n’est pas celui dont on parle le plus dans le peloton. Discret, le Belge a rejoint Trek-Segafredo en 2016 dans une relative indifférence. Pourtant, le coureur de 25 ans a montré qu’il était l’un des hommes forts de la formation américaine, en particulier sur les pavés.

Huitième du Circuit Het Nieuwsblad, troisième d’À Travers la Flandre, il s’est également adjugé une victoire lors d’un sprint en côte de son tour national pour ses débuts au plus haut niveau. Aujourd’hui, le Gantois a réalisé des progrès considérables et se présente comme un outsider au départ des courses d’un jour du plat pays.

À la veille de son premier rendez-vous de la saison à domicile, Edward Theuns a évoqué ses ambitions personnelles pour le Grand Plateau, ainsi que sa relation avec les autres leaders de Trek-Segafredo ou encore les freins à disque.

Vous avez fait quelques bons sprints en Australie, vous paraissez être en bonne forme. Est-ce exact ?

Ce n’est pas mal. J’ai fait de bonnes courses de préparation, au Tour Down Under et au Tour de l’Algarve. La forme est bonne. Mais j’ai toujours de petits problèmes au dos suite à ma chute de l’an dernier. De manière générale, la forme est bonne.

Edward Theuns a signé de très belles performances en Belgique pour sa première saison sous les couleurs de Trek-Segafredo – © Sirotti

Quelles sont vos ambitions pour le week-end d’ouverture de la saison belge ?

Ce week-end, j’espère pouvoir être présent lors des deux courses pour jouer la victoire. John Degenkolb ne sera pas au départ. Ces courses sont importantes pour moi, elles me permettent de jouer ma carte personnelle, d’avoir une chance d’obtenir des résultats.

Je veux vraiment essayer d’être présent dans le final et j’espère pouvoir me battre pour la victoire.

Vous partagerez le leadership de Trek-Segafredo avec Jasper Stuyven. Êtes-vous complémentaires l’un et l’autre ?

Il est toujours bien d’avoir plusieurs hommes forts dans une équipe. Nous avons également Fabio Felline qui est très fort. Je pense que si nous adoptons la bonne stratégie, si nous travaillons ensemble, nous serons plus forts.

C’est ce que nous avons fait l’année dernière. Jasper et moi avons beaucoup roulé ensemble. Nous connaissons nos qualités, nous savons ce que nous pouvons viser. Je suis sans doute un peu plus rapide au sprint, alors que lui est plus fort pour les grandes classiques ou dans les montées.

Vainqueur de Paris-Roubaix en 2015, John Degenkolb pourra compter sur le soutien de ses jeunes équipiers belges – © Sirotti

John Degenkolb sera-t-il l’unique leader lors des grandes classiques, et notamment Paris-Roubaix ?

Je pense que John sera le leader, mais je pense que Jasper pourrait l’être également. Nous aurons tous les deux un rôle un peu plus libre pour atteindre le final, puis nous verrons en fonction de la situation.

Je pense que les grandes classiques sont un petit peu trop difficiles pour moi, il est encore trop tôt pour que je sois capable de répondre présent dans le final. Mais je n’ai aucun problème à aider John et Jasper sur ces courses.

Quelle est votre relation avec John Degenkolb ?

C’est un gars très sympa. Il est à peine plus âgé que moi, donc nous avons le même humour, nous écoutons la même musique… C’est sympa. En course, j’essaie de l’aider dans les sprints. J’espère pouvoir l’aider également lors des grandes classiques qui arrivent.

Dans les années futures, vous pensez-vous capable de remporter une classique World Tour ?

Il est difficile de le prédire, mais j’espère que je vais continuer de progresser au fil des courses, et en particulier sur celles-ci. Pour l’instant, j’essaie d’évoluer étape par étape, pour voir jusqu’où je peux aller.

Je pense que j’ai déjà fait de bons progrès ces dernières années, mais je n’ai pas encore franchi la marche qui me permettrait de jouer la victoire sur ces grandes épreuves. Dans quelques années, j’espère que je pourrai y parvenir. Mais je le répète : il est difficile de prédire si j’en serai capable.

Le jeune Gantois est en train de se forger un rôle de leader au sein de l’équipe américaine – © Sirotti

Vous avez beaucoup progressé au sprint, en particulier depuis votre arrivée chez Trek-Segafredo. Est-ce un domaine que vous appréciez et dans lequel vous pouvez encore progresser ?

Oui, j’aime beaucoup le sprint, c’est quelque chose qui peut servir sur tous les types de courses, si vous êtes toujours présent dans le final. Je veux vraiment continuer de travailler le sprint pour avoir encore plus d’opportunités de gagner.

Je veux essayer de progresser, mais je ne veux pas que cela se fasse au détriment des classiques. J’essaie de concilier ces deux domaines. Je ne veux pas tirer un trait sur les classiques pour devenir un pur sprinteur. Je veux combiner mes qualités.

Quel est votre programme pour les semaines et les mois à venir ? Disputerez-vous à nouveau un grand Tour ?

Normalement, je vais courir Paris-Nice puis les classiques. Après Paris-Roubaix, j’ai une opération qui est programmée pour enlever les plaques et les vis que j’ai dans le dos. Pour l’instant, rien n’est vraiment clair quant à mon programme.

Je ne ferai pas le Giro, c’est certain. Je verrai après l’opération, en fonction de ma récupération, les courses que je peux disputer. Je serai de retour en mai ou en juin, nous devons encore parler avec l’équipe pour établir un programme précis.

Pour finir, que pensez-vous de l’apparition des freins à disque dans le peloton ?

C’est une question difficile. Il est clair que le freinage est meilleur avec. Mais dans le même temps, ils peuvent être responsables d’incidents, comme on l’a encore vu récemment au Tour d’Abu Dhabi. Les freins à disque peuvent être positifs, mais avant de les utiliser, il faudrait que l’on soit sûrs que cela ne remet pas en cause la sécurité des coureurs.

Pour le moment, ce n’est pas vraiment le cas. Je pense qu’ils pourraient d’abord les développer et régler ce problème de sécurité. Pour l’instant, je pense qu’il est préférable que tout le monde reste sur des freins traditionnels. Surtout, il ne faut pas que ces freins à disque ne soient utilisés que par certains coureurs.

Sinon, les vitesses de freinage sont différentes et c’est un problème quand on roule en peloton. Il y a des points positifs et points négatifs, c’est un cas délicat, mais pour l’instant je préfère rester sur des freins traditionnels.

Nationalité :
Age : 26 ans
Equipe : Trek – Segafredo
À propos de Cyprien Bricout 226 Articles
Étudiant en histoire et science politique à Nice, Cyprien a pour ambition de devenir journaliste. Enrichi de diverses expériences dans des médias web et radio, il a co-fondé le Grand Plateau. En passionné de cyclisme - et plus généralement de sport - qu'il est, Cyprien a placé de grands espoirs dans ce projet, qui incarne sa vision de ce que doit être le journalisme sportif.

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