Publié le 13 février 2017 à 11:59

Fabio Felline, quand la polyvalence atteint ses limites

(c) Sirotti

Fabio Felline, Italien, 26 ans, membre de l’équipe Trek-Segafredo, spécialiste d’à peu près tout ce qui se fait sur un vélo de route. Belle énigme que celle du Transalpin, que personne ne semble capable de ranger dans une catégorie précise de coureurs. Pour cause, Felline ne cesse de briller sur des courses totalement différentes. Sprints, pavés, côtes, chronos, tout y passe.

Le parfait touche-à-tout

Il devient fréquent de voir certains coureurs se spécialiser dans deux domaines différents, avec par exemple de nombreux grands sprinteurs qui passent très bien les vallons ou les pavés. Mais c’est presque de la rigolade pour Fabio Felline.

Sur la Vuelta 2016, Fabio Felline s’était permis de surclasser les sprinteurs comme les leaders pour décrocher le maillot vert – (c) Sirotti

Rien que sur ces deux dernières années, le récent vainqueur du Trophée Laigueglia a participé à deux grands Tours, le Giro et la Vuelta. D’abord troisième meilleur jeune en Italie, devant Sebastian Henao, Kenny Elissonde ou Esteban Chaves, il a ensuite terminé maillot vert en Espagne. Une telle polyvalence deviendrait presque insolente.

Et à côté, Fabio Felline s’est également permis d’être performant sur les pavés, 7e de la Flèche Brabançonne et 5e de l’Eneco Tour, mais aussi sur les contre-la-montre. Il n’y a pas besoin d’en dire plus sur son palmarès pour comprendre que l’Italien est un véritable cas à part dans le peloton. Seulement, il est bien beau d’avoir une si grande fenêtre de tir, mais si cela ne permet jamais de toucher la cible, c’est fort dommage.

La nécessité de faire des choix

Car les performances défilent mais les victoires un peu moins, et s’il veut collectionner les bouquets, le coureur de la Trek-Segafredo doit inévitablement se spécialiser. Plus facile à dire qu’à faire, c’est vrai, mais il semble être sur la bonne voie. Premier jour de course et première victoire, quel beau présage pour cette saison 2017 qui débute à peine.

Fabio Felline a parfaitement manœuvré pour sa première victoire de la saison, au Trophée Laigueglia – (c) Sirotti

Sur le Trophée Laigueglia, avec la squadra azzurra, Felline a usé de son tempérament en attaquant en fin de course pour s’imposer en solitaire. Difficile de faire des pronostics aussi tôt, mais ce succès permet d’avoir un premier aperçu du Fabio Felline version 2017.

Un caractère offensif, des pourcentages, une course de mouvement, des qualités de finisher… Ne seraient-ce pas là les parfaits atouts pour briller sur les courses d’un jour ? Avant de voir le transalpin comme un sprinteur, il faut y voir un coureur explosif. Lorsqu’il brille sur un sprint massif, les côtes ne sont jamais très loin sur le profil de la course.

Un puncheur polyvalent certes, mais un puncheur

En ressortant le palmarès de l’Italien, cette hypothèse prend de la légitimité pour celui qui rêve de remporter le Tour de Lombardie. Ses 5 podiums sur la Vuelta 2016 ont tous été acquis sur des échappées en montagne ou des sprints remportés par des puncheur-sprinteurs.

Les longs raids en montagne comme les sprints massifs entre costauds, rien n’effraie l’Italien – (c) Sirotti

De même, sur le Tour de Pologne 2016, il avait pris la deuxième place entre Tim Wellens et Alberto Bettiol après une semaine plus vallonnée que montagneuse. Rebelote sur le Critérium International 2015, terminé à 18 et 10 secondes de Péraud et Pinot. Pas besoin d’en dire plus.

Pur attaquant, ses nombreux barouds l’attestent bien, le Turinois semble taillé pour les courses difficiles, escarpées, où il faut résister pour ne pas faillir, avant de faire parler son punch dans un sprint en comité réduit.

Jusqu’ici, ses qualités ont permis à l’Italien de briller un peu partout, mais sans jamais être le numero uno. Il semblerait qu’en 2017, Fabio Felline ait réussi à canaliser ses nombreux atouts pour être décisif moins souvent mais plus efficacement.

À propos de Pierre Hertout 96 Articles
D'abord passé par les études d'économie, Pierre est maintenant dans les langues, tout en ambitionnant de devenir journaliste sportif. Voilà qui illustre à merveille son côté touche-à-tout. Parmi ses divers passe-temps, la rédaction d'articles a été élevée au rang de passion, et puisqu'il est gentil, il partage. C'est pour cela qu'il est venu à participer à la création du Grand Plateau après diverses expériences professionnelles, qui lui ont permis d'interroger Nicolas Portal, Lilian Calmejane, Thierry Adam, Jimmy Casper ou encore Sacha Modolo. Ce projet représente pour lui un nouveau défi à l'image d'une ligne de conduite : le culot.

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