Publié le 17 février 2017 à 20:33

Faut-il vraiment rendre les formulaires de contrôle antidopage publics ?

© @BIELES2017

Au soir de sa victoire aux championnats du monde à Bieles, Wout Van Aert évoquait au micro de Sporza le vent de polémique qui a commencé à souffler sur la planète cyclo-cross. Tout est parti d’un tweet de Kevin Pauwels, dans lequel apparaissait son formulaire de contrôle antidopage.

Suite à cela, ce sont les deux stars de la discipline, Mathieu Van der Poel et Wout Van Aert, qui se sont opposées sur le sujet de la publication de ces fameux formulaires. Le premier s’est dit favorable à cette démarche, contrairement au second, qui préfère conserver la confidentialité de ces données.

La crainte d’être observé par la concurrence

L’argumentation du Belge est la suivante : il ne souhaite pas que la concurrence puisse connaître les vitamines et compléments alimentaires qu’il consomme. Bien que légaux, ces produits sont à déclarer à l’Union Cycliste Internationale dans le cadre de la surveillance des athlètes.

Le nouveau maillot arc-en-ciel en a d’ailleurs profité pour remettre en cause le formulaire vierge de son compatriote. Selon lui, aucun coureur ne se passe de ces apports d’énergie. Bien qu’animé en Belgique et aux Pays-Bas, ce débat n’a pas atteint l’Hexagone.

« Je n’ai pas d’avis à ce sujet, a ainsi confié John Gadret au Grand Plateau. C’est quelque chose de nouveau, on ne m’a jamais demandé quoi que ce soit dans ma carrière ». L’ancien routier s’est tout de même interrogé sur une éventuelle publication : « L’UCI contrôle tout cela, je ne vois pas l’intérêt que pourrait avoir monsieur tout-le-monde à voir ces données, cela n’a aucun intérêt ».

Un risque d’amalgame par le grand public

« J’ai arrêté ma carrière et je suis encore contrôlé aujourd’hui, donc il y a assez de contrôles », rétorque même Gadret aux arguments des plus sceptiques. Pour son compatriote Francis Mourey, neuf titres nationaux au compteur, le jugement est plus nuancé. « Publier mes résultats ne me dérangerait pas », affirme-t-il.

Pour Francis Mourey, la prise de substances autorisées pourrait être mal interprétée par le grand public – © @FortuneoVitalC

Le coureur de Fortuneo – Vital Concept anticipe cependant l’un des effets secondaires que pourrait entraîner ces formulaires de contrôle s’ils étaient rendus publics. « Il faut faire attention à la manière dont cela peut être interprété par le grand public », prévient-il.

« Ce n’est pas parce que l’on prend de la vitamine C le matin que l’on se dope. Je pense que les personnes extérieures au monde du sport mélangeraient tout. Rendre publics les contrôles de l’UCI ne me paraît pas utile, cela créerait des polémiques », estime le vétéran doubiste, qui a rangé son vélo de cyclo-cross pour reprendre la compétition sur route en mars prochain.

La saison de cyclo-cross se terminant ce dimanche au plat pays, la question de la publication des formulaires ne devrait plus se poser durant quelques mois. Mais il y a de grandes chances pour qu’elle surgisse de nouveau en fin d’année, lors de l’ouverture de la campagne des crossmen.

À propos de Cyprien Bricout 226 Articles
Étudiant en histoire et science politique à Nice, Cyprien a pour ambition de devenir journaliste. Enrichi de diverses expériences dans des médias web et radio, il a co-fondé le Grand Plateau. En passionné de cyclisme - et plus généralement de sport - qu'il est, Cyprien a placé de grands espoirs dans ce projet, qui incarne sa vision de ce que doit être le journalisme sportif.

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