Publié le 9 mars 2017 à 12:09

Frédéric Guesdon : « Arnaud Démare paraît plus fort que l’an dernier »

© ASO/K.D.Thorstad

De notre envoyé spécial à Beaujeu.

La FDJ est sur son petit nuage en ce début de Paris-Nice. Les hommes du Trèfle ont parfaitement négocié les conditions climatiques dantesques pour aller cueillir un succès lors de l’étape inaugurale. Dans le mauvais temps, Arnaud Démare a conquis un maillot jaune lumineux, pour une équipe qui brille sur la Course au soleil.

Ce jeudi, le sprinteur de la FDJ a une dernière occasion de faire fructifier son bilan. En effet, les hommes rapides du peloton devraient déboucher en tête à Bourg de Péage. « On espère réaliser une belle étape et aller chercher la victoire avec Arnaud Démare au sprint, détaille Frédéric Guesdon au micro du Grand Plateau. C’est la dernière chance, après le profil lui convient beaucoup moins. » 

Des leaders qui tirent l’équipe vers le haut

Une victoire dans la ville drômoise viendrait enrichir une entame fantastique. « On était venu pour remporter une étape, surtout  avec Arnaud Démare. Avec quatre arrivées massives possibles, on a emmené une équipe articulée autour de lui pour le sprint. On a eu la chance de gagner la première. Quand on en gagne une, on en espère toujours une deuxième. On ne va pas se plaindre », analyse l’ancien coureur.

Arnaud Démare a pu compter sur le travail d’un train de qualité – © ASO/A.Broadway

Au delà de son leader, c’est la force collective de la FDJ qui a frappé. Présente en surnombre dans les bordures, la formation française a dicté sa loi. Une impression que confirme le directeur sportif : « Oui c’est vrai que collectivement, on est forts. On a bien réussi toutes les étapes, sauf peut-être ce mardi pendant le sprint, où on a eu un peu de mal à se trouver. » Une péripétie que le train bleu, blanc et rouge tentera de réparer ce jeudi.

À l’image d’Arnaud Démare sur ce Paris-Nice, les leaders de la FDJ répondent présents en ce début de saison. Thibaut Pinot et Arthur Vichot ont déjà levé les bras. « Nos trois leaders ont montré le chemin qu’il fallait prendre. Je crois que c’est le travail qui paye. Cet hiver, tout le monde a bien bossé. On a la chance de ne pas avoir de malade. Tant que ça marche, on va en profiter », se réjouit Frédéric Guesdon.

Des leaders qui tirent le groupe vers le haut. C’est le sentiment du dirigeant breton : « Il faut que les coéquipiers soient à la hauteur du leader parce que, maintenant, chacun à un rôle bien précis. Par exemple, chez nous dans le groupe Démare, c’est tout pour lui. Il y a le train pour le sprint, également pour les bordures. Donc quand un leader prétend à être devant, il faut des coéquipiers qui s’entraînent en conséquence. Ils ont peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas avoir leur place dans l’équipe, donc ils bossent. La récompense est au bout avec des leaders qui savent gagner. »

Au milieu de cette dynamique positive, les nouvelles recrues ont parfaitement trouvé leur place. Jacopo Guarnieri, Davide Cimolai et Rudy Molard sont des rouages essentiels dans le dispositif mis en place autour du leader beauvaisien. « Nos trois recrues présentes sur Paris-Nice montrent qu’on a bien fait de les recruter. Dans le domaine du sprint, mais aussi Rudy Molard, qui est notre leader sur ce Paris-Nice. On a fait un bon recrutement », se félicite le directeur sportif.

Le Col de la Couillole n’effraie pas Rudy Molard

Rudy Molard aura carte blanche lors du week-end final – © Le Grand Plateau / Romain Michel

Né à Gleizé, Rudy Molard évoluait sur ses routes lors du contre-la-montre. Toujours neuvième du classement général, le puncheur va se frotter aux meilleurs ce week-end. « Pour l’instant ça se passe bien, il est dans les billes. Il y a des leaders qui sont moins bien classés que lui. Il est toujours bien placé et hormis l’étape de samedi, où il pourrait perdre du temps avec l’arrivée au sommet, il peut prétendre à un bon classement », s’avance le technicien.

Frédéric Guesdon mise un top 10 de son protégé : « Pour l’instant on y croit, en tout cas il est sur la bonne voie. Pas delà à gagner Paris-Nice, car il y a Henao et Zakarin qui sont très forts, mais il peut réaliser un top 10 ». Un objectif ambitieux quand se profile l’étape de samedi et le Col de la Couillole. « Je ne connais pas trop. Mais sauf s’il est dans un jour sans, il ne perdra pas tant que ça », assure son directeur sportif.

Et de poursuivre : « À la vue du scénario de course aujourd’hui, la bagarre entre les leaders commence dans les deux-trois derniers kilomètres du sommet. J’espère ne pas me tromper. On l’a vu sur ces deux premières étapes de Paris-Nice, on pensait que ça allait être calme, mais la météo en a décidé autrement. Logiquement, dans un bon jour, il ne perdra pas énormément de temps ». Un top 10 à Nice serait un résultat prometteur pour Rudy Molard, qui se tournera ensuite vers les classiques ardennaises.

Arnaud Démare, cap sur les classiques

Les classiques. Une période que convoite Arnaud Démare. Entre Milan-San Remo et Paris-Roubaix, le leader de la FDJ aura un programme chargé avec « Milan San Remo qui arrive très vite, dans dix jours. Puis il ira en Belgique avec À travers les Flandres. Normalement, il fera l’impasse sur le GP E3 pour se concentrer sur Gand-Wevelgem, qui est pour lui un objectif puisqu’il a déjà réussi des places de deuxième et de cinquième. Puis viendra le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, et surement le Tro Bro Leon pour finir », sourit le Breton.

Arnaud Démare espère prolonger son bon état de forme jusqu’à Roubaix – © Le Grand Plateau / Romain Michel

Vainqueur de Milan-San Remo l’an dernier, Démare semble encore plus fort cette saison. Une impression partagée par Frédéric Guesdon, qui nuance : « Ce n’est pas forcément pour ça qu’il va gagner. Il l’a remporté une fois, pourquoi pas deux. Après il y a un paquet de belles courses. Certaines sont plus renommées que d’autres, mais s’il peut en claquer une, ça ira. C’est sûr qu’il nous parait beaucoup plus fort. L’an dernier, ce n’était peut-être pas lui le plus attendu au départ. Ensuite pendant la course il était très fort et puis c’est lui qui a gagné. Donc cette année, il faut se méfier des adversaires ».

Le sprinteur de la FDJ se verrait bien briller sur les pavés du nord. Une course chère au dernier vainqueur français sur le vélodrome de Roubaix, qui verrait bien son coureur lui succéder : « J’espère. L’année dernière, il marchait fort mais il est tombé sur le Tour des Flandres, et il a déclaré forfait sur Paris-Roubaix. En 2015, il avait fait un bon Roubaix, mais il était encore un peu tendre. Donc cette année, si on enlève les chutes et qu’on rajoute la maturité et la condition physique, je pense qu’il peut jouer la gagne ».

Arnaud Démare semble avoir franchi un nouveau palier en ce début de saison. Le dernier vainqueur de Milan-San Remo peut regarder ses adversaires dans les yeux. Entouré d’une formation FDJ qui se développe dans le sillage de son leader, il a les cartes en main pour remporter une classique. En attendant, on devrait le voir jouer des coudes dans les rues de Bourg-de-Péage. Une dernière occasion de répéter ses gammes, avant un mois de classiques.

Manager : Marc Madiot
Nationalité :
Site officiel : http://www.equipecyclistefdj.fr
À propos de Romain Michel 140 Articles
Diplômé en Master Information et Communication à Lyon, Romain est un sportif accompli depuis la sortie du berceau. Il rejoint le Grand Plateau après plusieurs expériences dans les médias. Cycliste amateur, il pose un regard passionné et avisé sur le peloton.

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