Publié le 25 février 2017 à 19:36

Greg Van Avermaet plus malin que le génie

(c) TDWSport.com - BMC

L’un a l’intelligence, l’autre le génie. Samedi, au Het Nieuwsblad, Greg Van Avermaet et Peter Sagan se sont tous deux livrés un duel des plus épiques. Sep Vanmarcke se sera contenté de jouer les arbitres.

Car si l’un ne peut contenir sa fougue dissimulée sous sa fourrure, l’autre a l’esprit ancré dans les pavés flamands. De quatre ans son cadet, Greg Van Avermaet possède ce sixième sens si rare à ce niveau. Tel un maître des échecs, il anticipera toujours un coup de plus de son adversaire.

Samedi, autour de Gand, Peter Sagan a porté le dossard du pion. Ravi d’étrenner son maillot de champion du monde à l’avant, il n’a pas boudé son plaisir. Mais, Greg Van Avermaet a préféré y aller à l’économie.

Le Belge a donc laissé la gâterie d’assumer les reines du groupe de tête au Slovaque. Caché sous ses lunettes aux airs du Doc Brown de Retour vers le futur, le Flandrien a aveuglé la concurrence.

Alors, pas dupe pour autant, il n’a pas donné de bons de sortie aux ogres de Quick-Step Floors dans le Molenberg notamment. Plus malin encore, il s’est autorisé une alliance d’infortune avec Peter Sagan pour résister au retour du contre formé derrière les trois hommes à l’avant.

Le champagne a encore eu un goût amer pour Sagan – (c) Stiehl Photography/@BORAhansgrohe

Un coup d’avance pour le maître

La combine ne s’arrête pas là. Greg Van Avermaet veut bien prêter un coup de main à Sagan, qui ne s’en prive naturellement pas. Les relais sont efficaces et Sep Vanmarcke, troisième larron du groupe, prépare déjà sa tignasse pour le podium final.

Car le Belge n’aura été qu’un simple spectateur d’un jeu rudement mené par son compatriote Van Avermaet. Dans les derniers kilomètres, le tenant du titre lève le pied. Peter Sagan est mis face au fait accompli.

Greg Van Avermaet a alors conscience que même en cas de retour du groupe à l’arrière, ses chances de victoire au sprint restent quasiment inchangées. Peter Sagan, en revanche, devrait essuyer l’affront Quick-Step qui sortira les armes contre le porteur du maillot polychrome. Surtout, le fantasque Slovaque y est allé davantage à l’improviste.

Un film parfaitement scénarisé

L’année dernière, Van Avermaet enchaînait l’Omloop par une victoire à Tirreno-Adriatico – (c) Sirotti

En toute logique, Peter Sagan appuie donc plus ses relais, à la crainte d’un retour éventuel de Tom Boonen et ses équipiers. Greg Van Avermaet n’a plus qu’à exécuter le plan. Le final prend des airs de déjà-vu.

De cinq hommes en 2016, ils sont passés à trois. Sep Vanmarcke sera seul figurant d’un film au scénario majestueux. Tiesj Benoot, Luke Rowe, Alexis Gougeard n’auront pas payé assez cher le droit d’entrée.

Et, comme souvent avec Greg Van Avermaet, l’happy end se produit. Certes moins en forme que son rival, Sagan paie ses efforts face à l’intelligent rouge et noir.

Tête baissée, la pièce maîtresse de BMC n’a plus qu’à filer vers une fin maintes fois répétée. Comme quoi, le génie a ses limites quand il ne connaît pas le scénario à l’avance.

Un homme bien préparé, la tête sur les épaules et l’objectif déjà esquissé, ne sera pas obstrué dans son élan par la force de son adversaire. Il se doit seulement de dérouler la bobine en attendant le clap de fin.

À propos de Mathieu Roduit 221 Articles
Étudiant en licence d'information et de communication, Mathieu a déjà mis un pied dans le monde du journalisme. Pigiste sportif dans plusieurs quotidiens en Suisse, il possède de nombreuses cordes à son arc. Ce cycliste amateur a fait de la petite reine son domaine. Mathieu a cofondé Le Grand Plateau.

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