Publié le 14 mai 2017 à 09:03

Le Blockhaus en juge de paix

(c) Sirotti

Dix-sept coureurs en moins d’une minute. Après une semaine de compétition, la course au maillot rose n’est pas encore lancée. Si tous les leaders ont répondu présents, la phase d’observation va s’achever ce dimanche avec l’arrivée au sommet du Blockhaus. Les favoris ne pourront plus se cacher.

En effet, avec une pente moyenne de 8,5 % sur plus de treize kilomètres, les grimpeurs trouveront un terrain de jeu idéal. A titre de comparaison, cette ascension se rapproche de l’Alpe d’Huez, en terme de chiffres. De plus, la montée finale est précédée d’une approche difficile, avec dix kilomètres à 5% de moyenne.

Grimpeurs vs rouleurs

Le maillot rose pourrait changer d’épaules au sommet du Blockhaus – (c) Sirotti

Si la montée de l’Etna a accouché d’une souris, le Blockhaus promet les premiers écarts entre les leaders. De par sa difficulté, mais également grâce à son positionnement. A la veille d’une journée de repos, les cyclistes seront sûrement moins enclins à se réserver. Surtout, deux jours avant un premier contre-la-montre décisif, les grimpeurs auront l’occasion de prendre l’avantage sur les rouleurs.

Si les poids plumes du peloton ne veulent pas se retrouver distancer de plusieurs minutes au soir de l’exercice solitaire, ils doivent prendre du temps sur les pentes du Blockhaus. Ainsi, Adam Yates, Domenico Pozzovivo ou encore Mikel Landa ont tout intérêt à se montrer offensifs. Dans le cas contraire, les rouleurs auront gagné la première bataille.

A l’opposé, les spécialistes de l’effort solitaire verraient d’un bon oeil une course d’attente. Geraint Thomas, Tom Dumoulin, Bob Jungels et Tejay Van Garderen sont dans ce cas de figure. Si le maillot rose a creusé un léger écart, celui-ci est infime par rapport aux changements que peut provoquer le Blockhaus et le contre-la-montre.

Une première hiérarchie

Au-delà du combat annoncé, le Blockhaus permettra de tirer les premiers enseignements de cette centième édition du Giro d’Italia. Même si les coureurs ont déjà pu se mettre en jambes sur le volcan sicilien, la première « vraie » arrivée en altitude est toujours un tournant dans un grand Tour. Personne n’aura gagné le maillot rose au sommet, mais certains peuvent perdre leurs illusions.

Première spécificité de cette étape, la montée finale est une ascension sèche. En effet, avant le juge de paix, le peloton aura roulé sur un parcours plat, dénué de toutes difficultés. Seconde spécificité, le tracé proposé présente une distance de 149 kilomètres. Cela promet une course rythmée et rapide. Le paquet se présentera frais au pied du Blockhaus.

Dimanche soir, le Giro d’Italia aura livré son premier verdict. Le vainqueur de l’étape aura toutes les chances de se vêtir du maillot rose. Les comportements des principaux favoris seront scrutés, en particulier les mouvements de Vincenzo Nibali et de Nairo Quintana. Si le champion italien a mis la première escarmouche sur les pentes de l’Etna, avant de continuer à cogner dans la presse, le Colombien a été discret. Le moment est peut-être venu de répondre sur la route.

Le profil de l’étape

(c) Giro d’Italia
À propos de Romain Michel 140 Articles
Diplômé en Master Information et Communication à Lyon, Romain est un sportif accompli depuis la sortie du berceau. Il rejoint le Grand Plateau après plusieurs expériences dans les médias. Cycliste amateur, il pose un regard passionné et avisé sur le peloton.

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