Publié le 17 novembre 2017 à 19:25

Le Tour du Rwanda, l’attraction africaine

(c) Tour du Rwanda

Alors que l’Europe est plongée dans le froid et la grisaille, les fans du cyclisme trouvent encore motifs à jubilation. Depuis dimanche dernier et toute la semaine durant, le Tour du Rwanda se court dans une ambiance exaltée. « Même sur le Tour d’Espagne, il n’y avait pas autant de monde », n’en revient pas l’ex-maillot jaune suisse Simon Pellaud dans les colonnes du Matin.

Le 3e jour de course, le cycliste du Team Illuminate profitait d’une réception royale lors de sa victoire dans la bourgade de Rubavu, 40 000 âmes à peine. Sur une bâtisse, des centaines de spectateurs s’y sont agglutinés dans un joyeux méli-mélo.

Et pourtant le Tour du Rwanda n’a pas l’illustre passé des courses européennes. Fondée en 1988, l’épreuve avait d’abord une vocation régionale. Interrompue pendant la période d’instabilité politique du Rwanda, la course a repris ses droits au début du millénaire.

Parallèlement, au milieu des années 2000, émergent clubs et équipes, tandis que la fédération voit son nombre de licenciés prendre l’ascenseur. Porté par l’engouement général, la fédération décide de donner une nouvelle dimension au Tour du Rwanda, traditionnellement disputé après la fin de la saison européenne, en novembre. L’épreuve devient estampillée UCI 2.2.

Joseph Areruya (21 ans, à droite) se profile comme l’un des plus grands espoirs rwandais – (c) Tour du Rwanda

Trois millions de fans et des talents

Course la mieux classée d’Afrique, avec la Tropicale Amissa Bongo, le Tour du Rwanda fait alors battre le coeur des jeunes espoirs rwandais. Avec environ trois millions de fans à suivre chaque saison l’épreuve, il ne devenait dès lors plus difficile de voir débarquer de nouveaux talents.

Et avant de s’exporter, ils se sont illustrés sur leur « Tour de France ». En 2014, Valens Ndayisenga décrochait le premier titre rwandais sur la boucle nationale. Le jeune homme de 23 ans s’est désormais fait une place en Europe au sein du Tirol Cycling Team, escadron autrichien de troisième division mondiale.

D’autres rêvent de fuir à leur tour la misère du pays à dos de vélo. Des espoirs comme Jean Bosco Nsengimana, lauréat du Tour du Rwanda en 2015, arrivent par centaines, dit-on.

Un futur plein d’espoir

Tout au long du parcours, la foule s’amasse par milliers. Comme ici lors du prologue – (c) Tour du Rwanda

Autant d’espoirs qui ont fait du Tour du Rwanda une formidable vitrine du cyclisme local. Sponsors, médias accourent peu à peu et désormais les Européens n’y ont plus honte à s’aligner. Cette année, les Français avaient une formation régionale, venue de Haute-Savoie et d’Auvergne.

Mais les organisateurs rêvent de taper encore plus fort. « Nous allons négocier avec l’UCI sur la possibilité de reporter le Tour du Rwanda vers février ou mars afin de faciliter la participation des équipes professionnelles », ont-ils annoncé au quotidien New Times.

Relevé à 500 000 euros, le budget a permis de s’aligner aux normes de l’UCI pour s’assurer la classe 2.1 en 2019. Entre-temps, la course se disputera provisoirement en août la saison prochaine. Dans la pleine mouvance de l’internationalisation du cyclisme, le Tour du Rwanda coule des jours heureux et s’assure d’être l’attraction phare de tout un continent devenu fada du vélo.

À propos de Mathieu Roduit 222 Articles
Étudiant en licence d'information et de communication, Mathieu a déjà mis un pied dans le monde du journalisme. Pigiste sportif dans plusieurs quotidiens en Suisse, il possède de nombreuses cordes à son arc. Ce cycliste amateur a fait de la petite reine son domaine. Mathieu a cofondé Le Grand Plateau.

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