Publié le 29 avril 2017 à 10:22

Leysin en guise d’amuse bouche

© Sirotti

De notre envoyé spécial à Domdidier.

Pour la première fois en cinq jours, le ciel s’est éclairci sur la Suisse romande. Signe que, dans quelques heures, une âpre bataille sera livrée par les favoris du Tour de Romandie sur les pentes de Leysin ?

Au regard du profil montagneux -2855m de dénivelé-, les leaders auraient en effet de quoi se frotter les mains. Mais gare à ne pas précipiter son destin. Pour cause, les organisateurs du Romandie ont ressorti l’une de leur spécialité : un contre-la-montre final, long de 17,8 kilomètres à Lausanne.

Le canton de Vaud se taillera donc la part du lion de la lutte pour la victoire au classement général. Quant à savoir si celle-ci se dessinera dans les massifs alpins ou sur les bords du Léman, le doute subsiste.

Un passé incomparable

Dans de récents affrontements, le chrono final du Tour de Romandie a déjà pu remettre les pendules à l’heure du maillot jaune. La dernière fois, c’était à Neuchâtel et le vainqueur s’appelait Chris Froome. Ce 4 mai 2014, Simon Spilak concédait 29 secondes sur 18,5 kilomètres au Britannique. Suffisant pour lâcher sa tunique dorée.

Ion Izagirre, 5e à 12 secondes, peut rêver d’une victoire au vu des deux étapes restantes – © Sirotti

Deux ans plus tôt, Bradley Wiggins avait réussi le même pari dans les rues de Crans-Montana, reprenant son bien à l’Espagnol Luis Leon Sanchez.

Cette année, les circonstances parlent en faveur d’un nouveau scénario à rebondissements. Si Hitchcock peut rire sous cape, les grimpeurs, eux, risquent bien de quitter la Suisse bredouilles.

À Leysin, près des vignobles chablaisiens, le peloton devrait se présenter par petites grappes au sommet d’une ascension de 4 kilomètres à peine. À ce moment de la saison, difficile d’imaginer un homme prendre le dessus sur ses adversaires.

Ne restera alors plus que le contre-la-montre de Lausanne pour couronner le successeur de Nairo Quintana. Et l’effort solitaire proposé cette saison diffère suffisamment de celui de 2015 pour ne pas tirer de conclusions hâtives samedi soir.

Prolongé jusqu’au lac de Sauvabin, soit près de sept bornes mal plates, le chrono de la capitale vaudoise a de quoi rendre caduc tout bonus acquis la veille en montagne.

Une course plus ouverte que jamais

En s’y penchant de plus près, ils sont une bonne soixantaine à pouvoir encore prétendre à la victoire finale. Ainsi, le Français Rémi Cavagna, 66e provisoire, pointe à moins de deux minutes du leader Fabio Felline, toujours solidement accroché à son maillot jaune.

Au Tour de l’Algarve, à Tirreno-Adriatico ou encore au Tour du Pays Basque, Primoz Roglic a prouvé sa capacité à viser la victoire sur les courses d’une semaine – © Sirotti

Si Fabio Felline a déjà démontré ses qualités de grimpeur, plus que de rouleur, il devra batailler ferme pour espérer tenir la dragée haute aux grands noms qui meurent d’impatience dans sa roue. Le meilleur d’entre eux, Primoz Roglic, n’accuse qu’un retard de neuf secondes et peut se targuer d’une victoire à l’Algarve en 2017.

Mais les rouleurs-grimpeurs à l’image d’Ion Izagirre, Wilco Kelderman, Gianni Moscon, Simon Yates, Mathias Frank, Simon Spilak, Ilnur Zakarin, Richie Porte et évidemment Chris Froome sont en embuscade. Tous ont moins d’une trentaine de secondes de retard sur le leader italien.

La montée vers Leysin paraît alors trop courte pour départager autant d’hommes. L’occasion donc de tenir en haleine les spectateurs jusqu’au dernier mètre de ce Tour de Romandie 2017.

À propos de Mathieu Roduit 222 Articles
Étudiant en licence d'information et de communication, Mathieu a déjà mis un pied dans le monde du journalisme. Pigiste sportif dans plusieurs quotidiens en Suisse, il possède de nombreuses cordes à son arc. Ce cycliste amateur a fait de la petite reine son domaine. Mathieu a cofondé Le Grand Plateau.

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