Publié le 4 décembre 2017 à 13:47

L’histoire sans fin

(c) Sirotti

Ses adversaires pourraient être ses gosses. A 46 printemps, Davide Rebellin n’en a pas fini avec le vélo. Le puncheur vénète s’est lié pour une année avec les Belges de Natura4Ever-Sovac, poursuivant sa rocambolesque carrière.

Dans sa nouvelle équipe -la 11e chez les professionnels-, Davide Rebellin retrouvera des jeunes du plat pays, comme Julien Kaise ou Guillaume Geoffrey, des coureurs qui n’étaient même pas nés au moment où l’Italien découvrait le professionnalisme. Sa carrière à cheval sur deux millénaires et sur deux époques antagonistes, Rebellin peut se targuer d’une expérience longue comme le bras, des soubresauts du dopage au cyclisme décasqué.

Le visage maculé de rides, Davide Rebellin n’a perdu que la fougue de sa jeunesse, pas moins l’envie. Certes, ses victoires au championnat de Zurich (1997), à la Classique San Sebastien (1997) ou même la Flèche Wallonne (2009) datent d’un autre temps. Mais Davide Rebellin ne court plus après la gloriole. Symptôme, peut-être, du sportif incapable de tourner la page.

Même la brigade ne l’arrête pas

En 2018, Davide Rebellin devrait retrouver les routes européennes avec Natura4Ever-Sovac – (c) Sirotti

Il a beau exhiber un palmarès flatteur: l’homme de San Bonifacio traîne moult casseroles sur le garde-boue. Médaillé d’argent aux Jeux Olympiques de Pékin 2008, Rebellin perdra son pécule sur tapis vert en avril de l’année suivante. En cause, un contrôle positif à l’EPO-Cera, celle-là même qui a récemment émoustillé le Tour de Colombie.

Remercié la même année par son équipe Androni, Davide Rebellin est propulsé dans une folle descente aux enfers. Au début de la décennie, l’UCI ancre sa suspension dans le marbre. Il purge sa peine, mais au contraire de plusieurs de ses compatriotes transalpins rattrapés par la brigade, il s’entête à plus de 40 ans.

Des formations de seconde zone dans la Botte aux Polonais de CCC Sprandi, au détour d’une saison par le Koweït, Davide Rebellin rempile saison après saison. Les podiums se comptent sur les doigts d’une main, la réputation n’est plus à faire (malgré un blanchiment du tribunal obtenu en 2015), mais l’Italien pédale à corps perdu.

Jamais sans mon vélo

Entre raison de vivre et véritable addiction, difficile pour les suiveurs de cerner le personnage. Que pousserait donc Davide Rebellin, 46 ballets, à parcourir les continents en quête d’une équipe ? Alors même que ses rivaux, devenus directeurs sportifs pour certains, le renvoient gentiment à ses études au moment de discuter contrat (Jérôme Pineau de Vital Concept a notamment refusé une proposition de Rebellin pour 2018).

L’intéressé ne s’épanche pas sur le sujet dans les médias. Les bribes de réponse sont alors à chercher chez le discours de ses nouveaux managers, Luc Mayné en premier. « Davide est séduit par notre projet et, surtout, notre beau programme dans une structure familiale », avance le Belge sur le site de la DH. « Il a conscience que nos partenaires veulent encore grandir et que nous avons de grosses ambitions pour le futur ».

Dessiner son futur en s’appuyant sur un forçat de la dernière heure prête à sourire. Mais autant ses managers que Davide Rebellin en sont convaincus et c’est bien là le seul essentiel aux yeux d’un personnage controversé.

À propos de Mathieu Roduit 222 Articles
Étudiant en licence d'information et de communication, Mathieu a déjà mis un pied dans le monde du journalisme. Pigiste sportif dans plusieurs quotidiens en Suisse, il possède de nombreuses cordes à son arc. Ce cycliste amateur a fait de la petite reine son domaine. Mathieu a cofondé Le Grand Plateau.

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