Publié le 28 mars 2017 à 19:24

Lilian Calmejane, un leader en puissance

(c) Sirotti

Irrésistible en février, guère moins impressionnant en mars, Lilian Calmejane vient de remporter la deuxième course par étapes de sa carrière, à seulement 24 ans.

Un chiffre lui colle au cuissard : le 2. Deux comme son nombre d’années chez les professionnels, mais aussi comme celui de ses victoires dans les courses par étapes en 2017. Qu’on ne s’y trompe pas, pour Lilian Calmejane, le chiffre du dauphin est à l’évidence synonyme de requin. Depuis le début de saison, le coureur albigeois enchaîne les performances de choix.

Déjà très en vu à l’Étoile de Bessèges (une victoire d’étape et le général), le cycliste a appliqué le même tarif pendant la Semaine internationale Coppi et Bartali en Italie. « Je suis très satisfait de gagner une deuxième course par étapes si tôt dans ma carrière et dans la saison », a confié l’homme au Grand Plateau.

Un deux de collection cette fois, puisqu’il devient l’unique français, après Laurent Fignon en 1985, à s’imposer sur les imprévisibles routes transalpines. « C’est toujours difficile de triompher en Italie. Mais cette année, les Français ont tout raflé », confirme-t-il fièrement en référence aux victoires dans l’épreuve de son coéquipier Thomas Boudat et compatriote Laurent Pichon (Fortuneo-Vital Concept).

Un futur crack de grand Tour ?

Lilian Calmejane battu de peu par Laurent Pichon sur la première étape de la Semaine Coppi et Bartali – (c) Sirotti

En 2017, Lilian Calmejane baigne dans le succès. Même sur Paris-Nice, où il a perdu toute chance de bien figurer au général lors de la première étape, le coureur s’est rattrapé en avalant le maillot de meilleur grimpeur.

« Quand on perd du temps comme cela, il faut se remobiliser vite vers un autre objectif », explique celui qui se présente, sérieusement, comme un outsider sur les épreuves par étapes. Son ambition n’est d’ailleurs que très peu dissimulée : « Les courses d’une semaine sont le premier palier pour faire quelque chose au classement général ».

Dans le grand bain des courses de trois semaines, le coureur a d’ailleurs déjà pu flairer l’odeur de la victoire. L’an passé sur la Vuelta, il s’était imposé en loup solitaire lors de la quatrième étape vers San Andrés de Teixido. Un triomphe qui ne se reproduira pas cette année, son équipe n’ayant finalement pas été retenue pour le Tour d’Espagne. « C’est une mauvaise nouvelle, déplore l’Albigeois. Sur la Vuelta, les coureurs ont plus de liberté, ce qui permet aux jeunes de se montrer et d’éclore ».

L’éclosion du gros poisson Calmejane n’aura effectivement pas tardé. Cette victoire ibérique, un « déclic », a largement accéléré les ambitions du jeune homme de 24 ans. Il disputera même cette année pour la première fois le Tour de France. Si l’objectif premier sera « l’apprentissage » et le « gain d’étapes », le désir second, non avoué, sera de se tester sur trois semaines face aux autres squales du peloton : « Je ne serai pas vraiment leader sur le Tour, ce sera Bryan Coquard. Il est passé tout près de la gagne l’an passé et on l’aidera encore cette année ».

« Le projet s’inscrit avec moi »

Lilian Calmejane et Thomas Boudat, bien aidés par le futur retraité Thomas Voeckler – (c) Sirotti

Le Coq en pôle pour le Tour, mais pour combien de temps encore ? Car, avec la retraite prévue de Thomas Voeckler (après la Grande Boucle), le siège de leader lui tend les bras. Grâce à son talent et sa polyvalence, une partie du projet d’avenir noir et jaune s’articule clairement autour de lui.

Le renouvellement de contrat pour un an du sponsor Direct Energie va d’ailleurs largement dans ce sens. « C’est une très bonne nouvelle qui nous enlève un poids. J’ai déjà pris l’option de reconduire mon contrat jusqu’en 2018, car le projet s’inscrit avec moi », admet même le coureur.

Désormais en partenariat jusqu’en 2019, le manager Jean-René Bernaudeau a parfaitement compris qu’il tenait dans sa jeunesse dorée, des perles rares : « Boudat et Calmejane ne sont pas encore dans la hiérarchie mais ils vont y arriver très rapidement ». Reste maintenant à savoir sauter du coq au requin.

Nationalité :
Age : 25 ans
Equipe : Direct Energie
À propos de Nathanaël Valla-Mothes 96 Articles
Etudiant en Master II Journalisme, Nathanaël est un passionné de cyclisme qui peut compter sur ses expériences dans les médias. Son atout principal ? Son court passé de cycliste amateur qui lui permet d'apporter son analyse, et de comprendre ce sport de l'intérieur.

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