Publié le 21 novembre 2017 à 19:19

Louis Meintjes : « Je serais heureux avec un Top 5 au Giro »

(c) Sirotti

De retour au bercail, sous les couleurs de Dimension Data, le Sud-Africain Louis Meintjes lorgne de nouveaux objectifs pour la saison 2018. A 25 ans, l’ancien vice-champion du monde espoirs (en 2013, derrière Matej Mohoric, ndlr) pourrait bien être la révélation de la prochaine saison. En attendant, il s’est confié au Grand Plateau.

Louis, vous êtes de retour à Dimension Data. L’Afrique du Sud vous manquait ?

Je pense que oui. J’espère en tout cas. Quand les gens ont appris que je revenais au pays, j’ai reçu beaucoup de félicitations. Cela m’a fait très plaisir.

Sérieusement, vous n’étiez pas satisfait avec le projet d’Emirates ?

Louis Meintjes n’a pu résister à l’appel des Sud-Africains de Dimension Data – (c) Sirotti

Je ne peux pas dire que je n’étais pas satisfait. Mais je devais prendre une décision pour mon futur. Plusieurs opportunités se sont offertes à moi et j’ai alors choisi de m’engager avec Dimension Data. Pour moi, c’était la meilleure opportunité.

L’équipe a un projet pour le développement du cyclisme africain. Cela a aussi motivé votre choix…

Oui, c’est quelque chose en plus. Evidemment, j’ai mon travail « normal » de coureur. Mais, chez Dimension Data, je joue un rôle dans le développement du cyclisme en Afrique et cela me plaît. C’est clair que ça a été un bonus.

D’un point de vue sportif, vous aurez de nouvelles responsabilités chez Dimension Data. A 25 ans, c’était le bon moment pour devenir un leader ?

C’est une motivation supplémentaire en course, bien sûr. Avec ce nouveau rôle, j’espère me dépasser encore plus pour obtenir des résultats plus élevés.

Après trois Tops 10 sur des grands Tours (Vuelta 2015, Tour 2016-27), vous devez avoir d’autres ambitions désormais…

J’essaie toujours de m’améliorer et de franchir de nouveaux paliers. A présent, j’aimerais vraiment pouvoir monter sur le podium d’une course de trois semaines.

Qu’est-ce qui vous manque encore pour entrer dans le Top 5 ou pour monter sur un podium ?

(Rires) Je ne sais pas… (Il hésite) Je dois engranger plus d’expérience et corriger mes erreurs en course.

Votre participation au Giro 2018 n’est, en ce sens, pas anecdotique ?

Ce sera une magnifique opportunité d’apprendre et de tenter quelque chose de nouveau. Je suis très motivé d’y réussir une belle performance. L’objectif principal sera de décrocher le meilleur résultat possible au classement général. Avec un Top 5, je serais vraiment heureux.

Sur la Vuelta (12e rang final), le grimpeur poids plume a confirmé ses résultats sur le Tour (8e) – (c) Sirotti

Vous avez déjà tout planifié jusqu’en 2020, avec le Tour de France comme objectif final. Avant cela, gagner un Giro ou une Vuelta est une nécessité ?

L’année prochaine, j’ai en effet choisi de faire l’impasse sur le Tour. Je me concentrerai sur le Giro et la Vuelta. Ce devrait être encore le cas en 2019, puis je reviendrais sur le Tour de France en 2020. Mais je ne pense pas qu’il faille gagner un autre grand Tour avant le Tour de France. Ce sont de nouvelles opportunités à saisir. Bien sûr, cela peut aider, mais ce n’est pas indispensable.

Vous avez déjà une belle idée de votre avenir! N’attendez-vous pas plutôt la fin de la suprématie de Chris Froome sur le Tour ?

Chris est un ami et je suis heureux quand il remporte le Tour de France. Après, j’aimerais bien avoir aussi ma place sur le podium (Sourire).

Il a, comme vous, débuté en Afrique. Qu’est-ce que vous inspire sa carrière ?

C’est juste un rêve. A titre personnel, je me souviens quand j’ai commencé le cyclisme. Devenir professionnel a toujours été une ambition et le Tour de France était forcément le plus grand des rêves. Alors oui, je continue de rêver. S’il est un modèle ? On peut dire cela. Je me réfère en tous cas à lui.

Louis Meintjes : « Ce serait bien de voir le World Tour arriver en Afrique ! »

La semaine dernière, l’engouement au Tour du Rwanda (Meintjes a finit 2e de l’épreuve en 2013) a frappé la planète vélo. En Afrique, le cyclisme est en train de prendre une nouvelle dimension. Sera-t-il le futur continent du cyclisme ?

A mon avis, l’Europe restera toujours le plus grand continent. Elle a une longue histoire qui la lie au vélo. Après, il commence à y avoir beaucoup d’intérêts pour le cyclisme en Afrique. De nouvelles courses continuent d’apparaître. Il n’y a donc pas de raison que ce développement prenne fin. A l’avenir, ce serait bien de voir le World Tour arriver en Afrique !

Louis Meintjes, ici au Tour de Romandie 2017, a fait des courses par étapes sa spécialité – (c) Sirotti

En attendant, les principales courses sont toujours en Europe, à l’instar des championnats du Monde à Innsbruck (Autriche) en 2018. L’épreuve devrait d’ailleurs sourire aux grimpeurs. L’avez-vous déjà dans un coin de la tête ?

J’espère vraiment participer aux Mondiaux d’Innsbruck. Je n’ai encore jamais pris part à une telle compétition en tant que professionnel. La course peut bien me convenir et j’irais avec de bonnes ambitions.

En 2013, vous deveniez vice-champion du monde espoirs à Florence (Italie). Dès lors, terminer votre carrière sans un titre vous laisserait-il un goût d’inachevé ?

Je me suis rendu compte que devenir champion du monde était une chose très difficile. Mais c’est possible. En tous les cas, ce serait quelque chose d’incroyable. Comme le Tour de France, je réalise qu’il s’agit de rêves plus que d’objectifs. J’en rêve toujours, mais je ne sais pas si cela sera atteignable un jour. Mais je n’aurais pas le moindre regret si je devais prendre ma retraite sans un titre de champion du monde ou quelque chose de la même envergure.

Les espoirs qui reposent sur vos épaules sont conséquents en Afrique du Sud et sur l’ensemble continent. Ne deviennent-ils pas insupportables ?

Porter autant d’espoirs est agréable. Evidemment, c’est beaucoup de pression. Mais c’est de la bonne pression.

Avez-vous conscience d’être un modèle pour une partie des jeunes ?

(Il hésite) Je le suis peut-être un peu. Ce n’est en tout cas pas ce que j’ai cherché à être. Je ne veux pas que les gens me suivent à tout prix. Mais j’ai conscience que je dois faire attention à garder une bonne image au quotidien. Je suis donc très attentif à ce que je peux renvoyer, mais être un modèle n’est pas un but que je poursuis.

Nationalité :
Age : 25 ans
Equipe : UAE Team Emirates
À propos de Mathieu Roduit 222 Articles
Étudiant en licence d'information et de communication, Mathieu a déjà mis un pied dans le monde du journalisme. Pigiste sportif dans plusieurs quotidiens en Suisse, il possède de nombreuses cordes à son arc. Ce cycliste amateur a fait de la petite reine son domaine. Mathieu a cofondé Le Grand Plateau.

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