Publié le 9 février 2017 à 12:13

Make cycling great again !

© Le Grand Plateau

On connaît Donald Trump. On connaît moins Raul Alcala. Pourtant, le Mexicain a remporté la dernière édition du « Tour de Trump ». C’était en 1990.

Trump, c’est l’Amérique. Et pour Donald, tout est possible au pays de l’Oncle Sam. Le cyclisme n’échappe pas à la règle. Le 45e président des États-Unis a créé, en 1989, une course à son nom. Le but ? Concurrencer à terme le Tour de France. Rien que ça.

Business is cycling

On ne peut pas rater le nom Trump à l’arrivée des étapes – © Wikipédia

L’épreuve du milliardaire commence le 5 mai 1989 à Albany et termine en chapeau de roues devant son Hôtel-Casino d’Atlantic City. L’homme est mégalo et annonce sans crainte à la NBC qu’il compte « créer l’équivalent du Tour de France mais en Amérique. Notre population est plus grande donc on peut le faire ». Logique.

Mais en réalité, le Tour ne sert que la promotion économique du magnat de l’immobilier. À coup de millions, investis de sa poche, il espère attirer les plus grandes stars de l’époque.

Parmi les invités de marque, achetés pour dorer l’image de sa chevelure blonde, l’américain Greg LeMond, futur triple vainqueur du Tour de France. Invitée aussi, l’équipe d’URSS de cyclisme, dont la participation, malgré le crépuscule de la guerre idéologique, ne refroidit pas Donald.

Coté organisation, la première édition de la course est parodique. Une surprenante erreur d’aiguillage empêchera, dans le contre-la-montre final, le Belge Eric Vanderaerden de gagner. Il avait refusé de rencontrer le tout puissant organisateur un peu plus tôt. Étrange.

Trump se lasse vite. Il n’aura fallu que deux ans à l’entrepreneur pour enterrer « son » épreuve. Le sport cycliste le dépasse autant que la victoire d’un Mexicain en 1990 finit d’achever son goût pour le cyclisme.

DuPont reprend l’organisation

Raul Alcala a terminé 8e du Tour de France 1989 et 1990 – © Wikipédia

En plus du prologue et la 8e étape, Raul Alcala remporte aussi le dernier Tour de Trump. Au total, il gagnera deux éditions de cette course reprise en 1991 par un nouveau sponsor : DuPont.

Le géant de la chimie permettra à El Duende (Le lutin) de récidiver en 1993 sur les mêmes routes du Mid-Atlantic américain. La double victoire de l’ancien maillot blanc du (vrai) Tour  1987, fait étrangement écho aujourd’hui aux propos polémiques d’un Trump définitivement gavé par le sport cycliste.

La carrière de l’homme de Monterrey aura été, de fait, bien plus longue que le mandat cycliste de Donald. En 2010, après 16 ans de retraite sportive, le coureur est devenu champion du Mexique du contre-la-montre, à 46 ans. Historique.

En 1995 et 1996, c’est Lance Armstrong qui s’illustre dans les deux dernières éditions de l’épreuve. Inculpé pour meurtre, l’organisateur de la course, John DuPont abandonnera définitivement la course. L’épreuve sera morte, comme elle est née : sans gloire.

À propos de Nathanaël Valla-Mothes 96 Articles
Etudiant en Master II Journalisme, Nathanaël est un passionné de cyclisme qui peut compter sur ses expériences dans les médias. Son atout principal ? Son court passé de cycliste amateur qui lui permet d'apporter son analyse, et de comprendre ce sport de l'intérieur.

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