Publié le 29 mars 2017 à 19:36

Que manque-t-il à Lotto Soudal pour briller sur les classiques ?

© Sirotti

Pour une équipe belge, les classiques printanières sont l’un des moments forts de la saison. Briller devant son public, sur des épreuves aussi agréables à suivre et spectaculaires que les courses du mois de mars et d’avril, n’a pas de prix. La structure Quick-Step l’a bien compris et a souvent livré un récital sur ces routes lors de la dernière décennie.

Si celle-ci bute sur les Monuments pavés ces dernières saisons, que dire de sa voisine d’outre-Quiévrain, Lotto Soudal, qui réalise en 2017 une campagne des plus décevantes. « Ces derniers jours n’ont pas été faciles », confie sans détour Herman Frison à nos confrères de la Dernière Heure.

Si l’on peut évoquer la malchance et bien que la formation puisse encore largement se rattraper, avec le Tour des Flandres ou Paris-Roubaix en approche, il semble manquer quelque chose aux rouge et blanc cette saison.

Une équipe qui s’est diversifiée

Il est loin, le temps des Andrei Tchmil, Peter van Petegem, ou plus récemment des Niko Eeckhout ou Leif Hoste. Le fait de devoir remonter aussi loin pour trouver trace d’un Lotto ayant plus ou moins dominé sur les courses pavées est en partie dû au fait que, contrairement à la Quick-Step, toujours viscéralement attachée aux Flandriennes, Lotto a fait le choix de la diversification.

Philippe Gilbert sur les Ardennaises, Cadel Evans sur les grands Tours, Robbie McEwen lors des arrivées massives ont en effet enfilé les succès comme des bagues et ont permis à la formation de gagner en importance dans le peloton, au prix d’objectifs plus familiers, comme ces fameuses classiques pavées.

Si les courses de trois semaines ont quelque peu été laissées de côté depuis, la présence d’André Greipel dans l’équipe entraîne de facto la nécessité d’avoir un train performant, afin que le Gorille de Rostock puisse se frotter à l’élite mondiale sur les arrivées massives. Des éléments qui peuvent constituer un frein à la formation d’une sélection  »flandrienne ».

Tiesj Benoot a été trop peu aperçu à l’avant lors des premiers rendez-vous flandriens – © Sirotti

Un manque de grands talents ?

Pourtant, sur le papier, Lotto Soudal dispose de belles cartouches pour être prophète en son pays : pêle-mêle, Tiesj Benoot, Tony Gallopin, Jens Debusschere, Jürgen Roelandts, voire Jasper De Buyst ou Jelle Wallays. De quoi rêver de jouer les premiers rôles, mais insuffisant jusqu’ici.

Si Tony Gallopin bénéficie de circonstances atténuantes, ayant fait un voyage à l’hôpital il y a quelques jours, et s’étant reconcentré sur les Flandriennes seulement cette année.

Tiesj Benoot, en revanche, peut être classé dans les déceptions. Annoncé comme la relève belge en 2015, le prodige peine à confirmer. Il semble qu’il faille encore attendre pour le voir rivaliser avec les tout meilleurs.

Jens Debusschere n’a quant à lui jamais fait figure de grand favori sur ces courses particulières, mais n’a encore jamais su se transcender non plus. Jürgen Roelandts, lui, a été dans le dur lors de ses dernières sorties. Quant au talentueux Tim Wellens, il se concentre davantage sur la fin du mois d’avril et fait l’impasse sur les cailloux et chemins.

Tout change très vite dans le cyclisme, et il ne faudra pas pour autant sous-estimer les poulains de Marc Sergeant sur les prochaines échéances, où la meilleure équipe possible sera alignée, mais de nombreux coureurs paraissent mieux armés que les cyclistes cités ci-dessus.

Deux extraterrestres : Greg Van Avermaet et Peter Sagan

Le champion du monde et le champion olympique règnent en maîtres sur les Flandriennes – © Sirotti

Si la Lotto Soudal souffre, elle est loin d’être la seule. Cela est grandement rattachable au cannibalisme de deux phénomènes du cyclisme : Greg Van Avermaet et Peter Sagan. Le premier nommé a d’ailleurs fait ses gammes chez Lotto, mais c’est la BMC qui a vu son explosion.

Trop tard pour les regrets, toujours est-il que le duo ne laisse que des miettes au reste de la meute. Supérieurs en explosivité pure, plus endurants, présents parmi les hommes les plus rapides du peloton, tous les types de Flandriennes conviennent à ces deux champions.

Dans ce cadre, difficile pour les rouge et blanc, et même pour d’autres pointures comme celles du Team Sky, de Quick-Step Floors ou de Trek-Segafredo de s’exprimer. Il faudra jouer serré, être malin ou dans une forme exceptionnelle pour disputer les deux prochains Monuments aux deux hommes. À Lotto de jouer.

Manager : Marc Sergeant
Nationalité :
Site officiel : http://www.lottosoudal.be
À propos de Vincent Prono 87 Articles
Étudiant en licence d'Histoire à Rennes, Vincent est un grand passionné de sport et notamment de cyclisme. Après avoir vécu quelques expériences dans des médias sportifs, il prend part avec excitation à l'aventure du Grand Plateau, avant tout pour le plaisir de partager informations et analyses sur la petite reine.

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