Publié le 19 mars 2017 à 12:18

Nico Denz : « Je n’avais pas peur de la distance »

© Sirotti

De notre envoyé spécial à San Remo. 

Si l’édition 2017 de Milan-San Remo a été marquée par un final grandiose, son scénario en première partie de course n’a pas trahi la tradition. Une échappée conséquente de 10 coureurs, composée essentiellement de seconds couteaux, a animé l’épreuve durant plus de 250 kilomètres.

Parmi ces 10 courageux, dont la moitié découvrait l’épreuve, Nico Denz a représenté AG2R La Mondiale durant de longues heures. Pour sa première sur la Classicissima, le jeune Allemand a vu les choses en grand. Repris à 20 kilomètres du Poggio, il aura au moins eu le mérite de rester attentiste durant toute la journée. À San Remo, le coureur de Waldshut-Tiengen s’est confié au micro du Grand Plateau.

Une première épuisante

Nico Denz a passé de nombreuses heures à l’avant depuis le début de la saison – © Sirotti

Jusqu’à présent, la 3e étape du Tour de Pologne 2016, longue de 240 kilomètres, restait la plus longue aventure de Nico Denz. Ce samedi, il a franchi un nouveau palier en terminant la Primavera et ses 291 bornes. « J’étais vraiment cuit à la fin, c’était vraiment dur », lâchait-il après avoir repris son souffle.

« Je n’avais pas peur de la distance, assurait-il pourtant. On a bien géré dans l’échappée. En début de journée, on a un peu levé le pied. On a vu que le peloton ne nous laissait pas beaucoup d’avance. En descendant la bosse au milieu du parcours, on a mis en route. Juste avant le deuxième ravito, on ne posait plus de question. On a tout donné ».

Cette décision de passer la journée à l’avant ne fut pourtant pas motivée par une chance de victoire. Au contraire, « il était clair que ça n’irait pas au bout, avouait l’Allemand. On n’y a jamais vraiment cru ».

Une stratégie d’équipe

Alexis Gougeard n’a pu s’empêcher d’attaquer à 50 kilomètres de San Remo – © Sirotti

Mais AG2R se devait d’être représentée en tête de course. Ne comptant dans ses rangs aucun des favoris, l’équipe savoyarde n’avait d’autre choix que d’anticiper, ne pouvant pas parier sur un sprint massif. Si c’est Nico Denz qui a pris le bon coup, les baroudeurs ne manquaient pas parmi les ciel-et-terre présents au départ.

Ainsi, Alexis Gougeard, intenable attaquant, n’a pu s’empêcher de sortir du peloton dans la dernière heure de course. « Quand j’ai eu l’info, je ne me suis pas relevé mais j’ai arrêté de rouler », explique son jeune coéquipier allemand. À deux, avec la fraîcheur du Normand, les hommes de Vincent Lavenu auraient pu espérer tenir tête aux favoris plus longtemps.

« Il y avait un peu trop d’écart pour rentrer. C’est dommage, cela aurait pu être une belle opération, estime le coureur de tout juste 23 ans. S’il était rentré, j’aurais vissé devant et il aurait pu en mettre une dans la Cipressa ». Une stratégie qui aurait pu permettre à AG2R de digérer plus facilement un bilan mitigé. Car la 41e place de Jan Bakelants à San Remo ne peut que décevoir les Savoyards.

L’apprentissage continue

Il en résulte que cette 108e Primavera aura au moins permis à Nico Denz d’engranger de l’expérience en roulant à l’avant. Ses échappées commencent d’ailleurs à devenir une habitude, tant le Germanique a été aperçu en tête de course depuis le début de la saison, et notamment sur l’Étoile de Bessèges.

En septembre, l’Allemand découvrira les épreuves de trois semaines en Espagne – © Sirotti

Après avoir découvert le premier Monument de la saison, celui qui a rejoint la formation hexagonale l’an dernier prendra la direction de la Belgique. « Je vais aller à Waregem, Gand-Wevelgem, puis le Tour des Flandres et Paris-Roubaix« énumère-t-il.

Le robuste Allemand y poursuivra son apprentissage dans son rôle d’équipier, comme il le fera sur le premier grand Tour de sa carrière. « Normalement, ce sera la Vuelta« , lâche-t-il, le sourire aux lèvres.

Pour lui, il s’agira avant tout d’épauler Romain Bardet, même si ses talents de baroudeur devraient lui donner des idées. Ces deux dernières années, les ciel-et-terre ont été auteurs d’attaques victorieuses, de la part d’Alexis Gougeard et Pierre Latour.

Nationalité :
Age : 23 ans
Equipe : AG2R La Mondiale
À propos de Cyprien Bricout 226 Articles
Étudiant en histoire et science politique à Nice, Cyprien a pour ambition de devenir journaliste. Enrichi de diverses expériences dans des médias web et radio, il a co-fondé le Grand Plateau. En passionné de cyclisme - et plus généralement de sport - qu'il est, Cyprien a placé de grands espoirs dans ce projet, qui incarne sa vision de ce que doit être le journalisme sportif.

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