Publié le 19 janvier 2017 à 12:13

Paris-Brest : quand le cyclisme inspire les papilles

Cyclisme et sucreries ne font plus vraiment bon ménage. Autrefois pourtant, la course Paris-Brest-Paris inspirait les pâtissiers. Petit retour gourmand sur le plus célèbre aller-retour cycliste.

Pour éviter une fringale, quoi de mieux qu’un Paris-Brest ? À la base de cette initiative aussi gourmande que sucrée, Pierre Giffard. En 1891, le journaliste du Petit Journal décide de créer une course cycliste visant à promouvoir son quotidien et la bicyclette, qui remplace peu à peu les gigantesques grand-bis et leur roue avant caractéristique.

Une des plus vieilles épreuve d’endurance cycliste se lance le 6 septembre de la même année : le Paris-Brest et son retour. L’une des plus longues aussi : 1200 kilomètres à avaler pour les 206 courageux inscrits.

Pierre Giffard, le créateur de la course Paris-Brest – © Wikipédia

La course est un récit héroïque du temps où vélo rimait avec insomnie : Charles Terront lutte contre Pierre Jiel-Laval pour la gagne. Alors que ce dernier vire en tête à Brest et possède, encore, 1h50 d’avance sur son rival à Guingamp, il fait l’erreur de s’arrêter pour dormir, laissant Terront filer vers Paris, sans la moindre minute de sommeil.

Au bout de 72 heures de course, sans pause ni Paris-Brest (la pâtisserie n’étant pas encore inventée à l’époque), le téméraire Charles arrive en vainqueur, avec près de 8 heures d’avance sur Jiel-Laval et plus d’un jour sur le troisième, Henri Couilliboeuf.

Revenons aux sucreries. Ce n’est qu’en 1910 que Pierre Giffard demande à Louis Durand de créer un délice en forme de roue de vélo. Composé d’une pâte à choux fourrée d’une crème pralinée et garnie d’amandes, l’oeuvre est logiquement baptisée Paris-Brest. A l’origine même, la couronne, qui pouvait faire entre 30 et 50 cm de diamètre, était complétée par des rayons en pâte de pain censés finaliser la structure circulaire.

Chose aussi remarquable que la pâtisserie qui accompagne la légende de cette course, le Paris-Brest-Paris cycliste ne se disputait que tous les dix ans.

Dès 1901, L’Auto d’Henri Desgranges, reprend l’organisation de l’épreuve qui ne connaitra que 7 éditions. En 1951, seul 41 coureurs se présentent au départ d’une course remportée par Maurice Diot en 38h55 (record absolu). Faute de participants, L’Auto, devenu entre-temps L’Équipe, déprogramme définitivement la vieille classique qui sera reprise, plus tard, sous d’autres formes.

Pour les Paris-Brest en revanche, ça roule toujours…

À propos de Nathanaël Valla-Mothes 96 Articles
Etudiant en Master II Journalisme, Nathanaël est un passionné de cyclisme qui peut compter sur ses expériences dans les médias. Son atout principal ? Son court passé de cycliste amateur qui lui permet d'apporter son analyse, et de comprendre ce sport de l'intérieur.

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