Publié le 3 juillet 2017 à 18:21

Peter Sagan les a tous mijotés

© Sirotti

Tracez un parcours escarpé type Ardennais, placez une côte pour puncheur après plus de 200 kilomètres d’étape, en milieu de Tour si possible. Vous avez tous les ingrédients pour vous assurer une victoire de Peter Sagan, pourtant seulement 10e à Liège la veille.

Les bookmakers n’ont alors plus mot à dire. Avec une telle recette, le maestro, son tricot irisé sur les épaules, se régale. Vous avez beau ajouter du piment à la course, forçant le Slovaque à marquer un coup d’arrêt pour rechausser. Rien ne semble possible afin d’éviter une victoire offerte sur un plateau doré.

Les grands chefs des classiques de printemps, eux-mêmes, se font avaler à la sauce Bora-hansgrohe. Un mix de finesse, de puissance et un zeste de malice nappe la machine Peter Sagan d’une autre dimension. Ne reste alors plus qu’à savourer.

Peter Sagan compte désormais huit victoires sur le Tour de France – (c) Sirotti

Un festin impartagé

Greg Van Avermaet -qui n’a battu Sagan au sprint qu’au Circuit Het Nieuwsblad en 2017-, Michael Matthews, comme Richie Porte ne deviennent que les agréments du festin gargantuesque. Si l’un a le malheur de lancer les hostilités avec un délai illusoire, l’autre bouillonne trop rapidement d’impatience et finit par partir en vapeur.

Mais comment telle garniture paraît voler au vent et ne torréfier dans aucune protubérante côte, si Religieuses soit-elles ? A croire que, comme pour le boeuf ou le cheval, Peter Sagan engloutit tout crû toutes les côtes de son assiette.

Et la cuisson à point, garçon ! Le champion du monde, critiqué au début de sa carrière pour ses attaques à tout va, dénué de stratégie, a montré qu’il avait plus d’intelligence qu’on ne saurait lui donner.

Sans rival, il savoure

Tans pis si la toque verte n’orne pas encore sa flamboyante tignasse, Peter Sagan a le temps de voir venir. Le futur papa s’est déjà promis à mettre les petits plats dans les grands. Les belles filles, il passera. A la planche, il se remettra dès le lendemain à Troyes.

Changez le scénario, vous ne changerez pas le lauréat. Au pays des sprinteurs-puncheurs, Peter Sagan est roi. Personne n’a encore trouvé les confins de ses terres. Personne ne lui a trouvé de rival non plus. Alors, pendant ce temps, le maître déguste à grandes bouchées.

Nationalité :
Age : 27 ans
Equipe : Bora-hansgrohe
À propos de Mathieu Roduit 220 Articles
Étudiant en licence d'information et de communication, Mathieu a déjà mis un pied dans le monde du journalisme. Pigiste sportif dans plusieurs quotidiens en Suisse, il possède de nombreuses cordes à son arc. Ce cycliste amateur a fait de la petite reine son domaine. Mathieu a cofondé Le Grand Plateau.

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