Publié le 14 juin 2017 à 18:32

Peter Sagan lève le masque

(c) Sirotti

Un parfum de Tour. A deux semaines du rendez-vous majeur de sa saison, Peter Sagan est sorti de son terreau. Tapi comme une taupe depuis son timide Paris-Roubaix, le champion du monde n’avait guerre flairé qu’une peu médiatique victoire d’étape en Californie.

Revenu la rage au ventre et la soif de confiance sur le Vieux Continent, Peter Sagan a fait rugir l’ogre qui sommeille en lui ce mercredi soir à Cevio. Seul l’audacieux Michael Albasini a tenté de sauter dans la roue du sprinteur de Bora-hansgrohe, quand celui-ci a magistralement changé de tempo à la pancarte des 100 mètres. Ses autres adversaires s’étaient déjà résolus.

Et peut-être, au contraire de l’édition 2016, les mauvaises langues ne pourront trouver à redire de la performance, fêtée d’une unique célébration tahitienne, comme pour invoquer les dieux. La crème du sprint n’a pas garni que le riche gâteau dauphinois, les profils d’étapes sont robustes, les trains de sprinteurs bien fournis.

S’il a commis deux erreurs fatales de placement en début de Tour, Peter Sagan a mis la machine en route dans l’étape-marathon de la boucle helvétique. Il a prouvé, de surcroît, que passer des cols de la trempe du Simplon étaient devenus une sinécure le mois de juin venu.

Jamais cinq sans six

La taupe devrait désormais se faufiler à nouveau dans ses discrètes galeries, nichées au milieu du peloton ou d’un grupetto, pour deux jours au moins. Il paraît qu’hiberner a du bon pour les sauvages bestioles.

Peut-être qu’au fond, Peter Sagan s’y plaît autant à travailler dans l’ombre qu’à exhiber son extravagante tignasse sur les podiums, à formater un sourire sous le crépitement des appareils photos.

N’allez donc pas croire que la star slovaque se contentait de veiller à la cuisson « al dente » de ses pâtes dans un spot télévisé devenu fameux. Peter Sagan, sous ses airs décontractés, est un bosseur, un ambitieux, un acharné du travail.

Et, avec lui, le travail porte ses fruits. Les premières semences, Peter Sagan les a sereinement cultivées dans le nord du Tessin, à mille lieux de Düsseldorf, ville-hôte du grand départ du Tour de France 2017. La belle saison venue, les fruits auront tout de quoi s’enjoliver de vert, fétiche couleur d’un maillot devenu indissociable du personnage.

Parce que le mythe n’existe plus pour Peter Sagan, que les chiffres en perdent leur sens, le Slovaque a déjà pris la voie royale d’une sixième tunique qui lui tend les bras plus encore que ceux de Morphée, salvateurs pourtant au soir d’un succès d’abord psychologique.

À propos de Mathieu Roduit 220 Articles
Étudiant en licence d'information et de communication, Mathieu a déjà mis un pied dans le monde du journalisme. Pigiste sportif dans plusieurs quotidiens en Suisse, il possède de nombreuses cordes à son arc. Ce cycliste amateur a fait de la petite reine son domaine. Mathieu a cofondé Le Grand Plateau.

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