Publié le 27 mars 2017 à 09:08

Philippe Gilbert renaît de ses Flandres

© Sirotti

Un wallon flandrien, une oxymore peu banale dans le monde sacré des classiques. Pourtant, Philippe Gilbert commence à mettre un pied dans le cercle fermé des spécialistes des pavés. À l’aise dans les Flandres mais jamais vainqueur, le coureur vient de prendre la deuxième place d’À travers la Flandre et du Grand Prix E3. Prometteur.

La carrière du champion de Belgique comporte pléthore de succès. Parmi eux, certains retiennent une attention particulière : deux Tours de Lombardie, un Liège-Bastogne-Liège et trois Amstel Gold Race. Monumental. Mais à y regarder de plus près, un pan entier de classiques résistent encore au Belge : les Flandriennes.

Van Avermaet-Gilbert, je t’aime moi non plus

Philippe Gilbert se sent de plus en plus à l’aise sur les pavés – (c) Sirotti

Très à l’aise sur les Ardennaises, le champion du Monde 2012 l’est moins sur les routes escarpées flamandes. Si ses 3e places sur le Tour des Flandres 2009 et 2010 réfutent quelque peu l’argument, elles ne sont que le cache-misère de son potentiel sur ces courses.

« Pour certains médias, il y avait une rivalité entre lui (Greg Van Avermaet, ndlr) et moi. Nous sommes des coureurs similaires qui voulaient attaquer en même temps », a confié récemment le coureur à nos confrères de Cyclingnews. Sa rivalité avec Van Avermaet sous les couleurs de BMC l’a, sans doute, privé de ses plus belles années sur les pavés.

C’est simple, depuis son arrivée à la BMC en 2012, le coureur n’a plus disputé la moindre course d’un jour flamande, alors même qu’il avait remporté le Circuit Het Volk en 2006 et 2008.

Récemment transféré vers Quick-Step, le coureur de Verviers retrouve aujourd’hui le mordant nécessaire pour ces épreuves spécifiques. « C’est dur à décrire mais ce sont des courses très dures, où l’on doit se battre », décrit le wallon qui admet également avoir « redécouvert cet esprit de combattant ». Un ascendant psychologique largement visible en mars.

Sa deuxième place sur À travers la Flandre vaut même victoire puisqu’il a habilement profité de sa réputation pour permettre à son équipier Yves Lampaerts de remporter la classique. Quelques jours plus tard, sur le Grand Prix E3, l’homme a encore flairé le bon coup, seulement battu de peu par… Greg Van Avermaet.

La Dream Team Quick-Step

Philippe Gilbert deuxième derrière l’ogre Van Avermaet à Harelbeke – (c) Sirotti

« Je n’ai aucun problème à perdre contre Greg », avait-il assuré à Harelbeke. La poignée de main froide mais cordiale entre les deux hommes à l’arrivée n’est pourtant pas anodine. Philippe Gilbert est devenu un sérieux concurrent pour le vainqueur de Gand-Wevelgem.

Si Philippe Gilbert aura une belle carte à jouer dimanche prochain sur le Tour des Flandres, il devra aussi compter sur une rude concurrence au sein de sa propre formation. Sa rivalité avec Van Avermaet lui a empêché de pleinement exprimer son potentiel sur les Flandriennes. Celle qui règne au sein de la Quick-Step n’est pas tendre non plus.

Avec Tom Boonen, Niki Terpstra et Zdenek Stybar, pour ne citer qu’eux, il se pourrait que le Belge se transforme en équipier de luxe. Un statut qui ne semble pas le déranger outre mesure : « Si on a un quelqu’un devant, on jouera cette carte mais pour ma part, la forme est là ». Il ne lui manque plus que la victoire.

Nationalité :
Age : 35 ans
Equipe : Quick-Step Floors
À propos de Nathanaël Valla-Mothes 96 Articles
Etudiant en Master II Journalisme, Nathanaël est un passionné de cyclisme qui peut compter sur ses expériences dans les médias. Son atout principal ? Son court passé de cycliste amateur qui lui permet d'apporter son analyse, et de comprendre ce sport de l'intérieur.

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