Publié le 29 avril 2017 à 14:19

Pourquoi de telles différences de scénario entre Flandriennes et Ardennaises ?

19-04-2017 La Fleche Wallonne; Huy;

Le rideau est tombé sur les courses d’un jour. Au moment de tirer le bilan de cette campagne de classiques 2017, chacun se souvient des victoires de Greg Van Avermaet, du manque de réussite de Peter Sagan, du retour au premier plan de Philippe Gilbert ou encore de la giclette d’Alejandro Valverde.

Cette année, la course a été plus animée du côté des Flandriennes. En effet, ces épreuves ont majoritairement été conclues par des échappées victorieuses, les leaders n’hésitant pas à tenter des offensives lointaines, le meilleur exemple reste le succès de Philippe Gilbert sur le Tour des Flandres. À l’opposé, les Ardennaises ont donné lieu à un marquage serré entre favoris jusqu’à la flamme rouge, bien que l’Amstel fut plus animée qu’à l’accoutumée.

Des difficultés concentrées dans la partie finale

Alejandro Valverde a attendu le dernier kilomètre pour produire son effort lors de Liège-Bastogne-Liège – (c) Sirotti

Pour expliquer ces différents scénarios, Tony Gallopin a sa petite idée. « Le final des classiques ardennaises est très difficile. Le changement d’arrivée sur l’Amstel Gold Race, avec la suppression du Cauberg, est une bonne chose », souligne le coureur de la Lotto Soudal, interrogé par Le Grand Plateau. Malgré une performance athlétique exceptionnelle dans le finish de La Flèche Wallonne, Bob Jungels n’a pas pu résister à la meute, habituée à atteindre le pied du Mur de Huy groupée.

De son côté, Fabio Felline, acteur sur les deux types de terrain cette saison, souligne un schéma inhabituel : « Les Flandriennes ont été très particulières. Normalement, le déroulé de la course est différent. C’est rare de voir un coureur partir seul à cinquante bornes de la ligne et gagner ».

« Sur les courses pavées, la course est plus ouverte et il est intéressant d’avoir un coup d’avance, rebondit Tony Gallopin. On peut se faire rattraper et être encore dans le jeu pour le final. C’est impossible avec les profils accidentés des Ardennes ». Une affirmation confirmée cette année, où les attaquants n’ont pas été récompensés.

Le peloton est plus homogène dans les Ardennes

Philippe Gilbert est parti à 55 kilomètres de l’arrivée pour s’offrir le Tour des Flandres – (c) Sirotti

Les deux cyclistes se rejoignent sur un point : le niveau est très homogène. « Il y a une cinquantaine de coureurs qui peut faire un résultat et une vingtaine qui peut gagner, estime le coureur italien. Dans une ascension, ce n’est pas facile de faire la différence. Les spectateurs ne s’en rendent pas compte à l’écran, mais ça roule très vite. Le cyclisme a changé et le niveau est encore plus élevé ».

Pour Tony Gallopin, le risque de tout perdre l’emporte sur la chance de gagner. « Beaucoup de coureurs sont capables de figurer dans le top 5, voire le top 10. Aujourd’hui, ces places sont tellement importantes que c’est difficile de mettre son résultat en danger. Derrière un ou deux favoris, le reste est assez ouvert », analyse le Francilien.

L’Amstel Gold Race a montré la voie à suivre pour redonner du spectacle. En déplaçant la difficulté principale loin de l’arrivée, les leaders sont tentés de se découvrir en amont. Une configuration qu’il est difficile d’imaginer lors de La Flèche Wallonne, tant le Mur de Huy est ancré dans le paysage cycliste. De son côté, Liège-Bastogne-Liège aurait intérêt à s’inspirer de sa voisine néerlandaise. Le contrat liant ASO à la commune d’Ans se termine en 2018. Le moment est venu de changer le dénouement insipide d’une Doyenne devenue ennuyante.

À propos de Romain Michel 140 Articles
Diplômé en Master Information et Communication à Lyon, Romain est un sportif accompli depuis la sortie du berceau. Il rejoint le Grand Plateau après plusieurs expériences dans les médias. Cycliste amateur, il pose un regard passionné et avisé sur le peloton.

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