Publié le 23 mars 2017 à 19:18

Romain Hardy : « Je reviens chez Fortuneo-Vital Concept beaucoup plus fort »

(c) Sirotti

Romain Hardy est de retour au sein de la formation Fortuneo-Vital Concept depuis le mois de janvier. Une formation qu’il connait bien puisqu’il y a fait ses classes jusqu’en 2013. Le Normand a fait un retour en trombe sous ses anciennes couleurs avec un début de saison épatant.

Une quinzième place au général de Paris-Nice et un podium sur le Tour du Haut-Var ont montré que Romain Hardy était en mesure de jouer les premiers rôles. Pour le Grand Plateau, le nouveau coureur de la formation bretonne a accepté de revenir sur son début d’année et sur ses objectifs à venir, avec une petite pensée pour le Tour de France.

Vous avez fait de très bons résultats depuis la reprise, votre début de saison répond-il à vos attentes ?

C’est mieux que ce que j’espérais. J’avais envie de marcher tout de suite en début de saison car c’est toujours bien d’arriver dans une nouvelle équipe et de marcher même pour montrer ses ambitions. Je revenais de chez Cofidis où je sortais d’un rôle de coéquipier pendant quelques années.

Mon rôle est un peu différent chez Fortuneo et j’avais envie de montrer tout de suite qu’ils pouvaient me faire confiance sur certaines courses et que je pouvais avoir un rôle de leader parfois.

Vous retrouvez l’équipe Fortuneo-Vital Concept après l’avoir quitté en 2012 et après avoir passé quatre ans chez Cofidis, comment s’est passée votre intégration ?

Troisième sur le Tour du Haut-Var, Romain Hardy a fait mouche dès son début de saison – (c) Sirotti

On va dire que c’est un nouveau départ chez Fortuneo-Vital Concept, après être passé trois ans chez Bretagne Schuller de 2010 à 2013. Je retrouve pas mal de membres du staff que je connaissais déjà donc c’est vrai que l’intégration a été beaucoup plus simple, je connais presque tout le monde.

Au niveau des coureurs, on se côtoie dans le peloton et comme il y a pas mal de Bretons au sein de l’effectif, je faisais souvent les voyages avec eux pour aller sur les courses donc je connaissais quand même beaucoup de monde.

C’est vrai que je me suis facilement intégré. Surtout qu’il n’y pas de grands leaders, de grands champions qui se prennent un peu la tête donc à partir de là, l’ambiance au sein de l’équipe est vraiment bonne. Il y a vraiment une ambiance familiale et ceci c’est vraiment le bon côté de cette équipe.

C’est ce que vous recherchiez en revenant chez Fortuneo-Vital Concept ?

Oui, c’est vrai que j’aime bien ce côté familial. Mais l’équipe a quand même beaucoup évolué depuis que je suis parti. Cela commence à devenir une grosse équipe. Mais ce que recherchais surtout, c’était qu’on me fasse confiance.

Je marche beaucoup à la confiance. Je savais que j’avais des qualités, je l’avais montré en fin de saison dernière avec Cofidis. Mais c’est vrai que j’ai besoin de sentir qu’on me fait confiance, retrouver un peu plus de liberté aussi. Cela marche plutôt bien pour l’instant.

Aviez-vous perdu ce sentiment de confiance chez Cofidis ?

Le problème, c’est que lorsque je suis arrivé chez Cofidis en 2013, j’étais malade, j’avais une toxoplasmose. J’ai vraiment eu une année difficile si bien que je ne correspondais pas trop à leurs attentes. J’ai été déçu en 2013.

Mais ensuite, j’ai réussi à redresser la pente. C’est sûr que la confiance, je l’avais peut-être un peu moins chez Cofidis car j’avais quand même de grands leaders à mes côtés. J’étais cantonné un rôle d’équipier. Mais ceci ne me dérangeait pas plus que cela d’avoir ce rôle. Cela m’a permis de progresser physiquement et mentalement. Maintenant je reviens chez Fortuneo-Vital Concept beaucoup plus fort que quand je suis parti.

Cette expérience vous a tout de même fait grandir ?

Romain Hardy est à l’aise sur tous les terrains depuis janvier – (c) Sirotti

C’est certain. Cette expérience m’a fait grandir physiquement et même mentalement. J’ai fait de grandes courses avec Cofidis, des grands Tours, des classiques, de belles courses comme le Tour de Catalogne à trois reprises, le Tour du Pays Basque.

J’ai fait de super belles courses. Ceci m’a permis de progresser. Et puis, j’ai pris un peu d’âge aussi. J’ai quatre ans de plus, je pense que j’arrive à un âge de maturité et peut-être que chez moi, c’est cet âge qui fait la différence.

On vous a vu très offensif et très en forme sur le Tour du Haut-Var et sur Paris-Nice notamment, comment avez-vous vécu ces courses ?

Je ne m’étais pas mis de pression en début de saison, je savais que j’avais fait un bon hiver. J’avais bien vu que les sensations étaient bonnes. Depuis la fin de saison dernière, je me sens très bien et donc les bonnes sensations ont continué pendant les stages et les entraînements, même si j’ai été un peu sur le frein en tout début de saison.

Par exemple sur La Marseillaise, j’aurais pu sans doute accompagner le groupe de tête. Mais j’ai préféré rester prudent sur la première et après j’ai assuré sur l’Étoile de Bessèges et sur toutes les courses auxquelles j’ai participé.

Vous semblez avoir un rôle un plus libre au sein de Fortuneo-Vital Concept cette saison, était-ce prévu ?

Oui c’est vrai. Pourtant à la base je n’arrivais pas du tout en tant que leader. J’avais besoin de démontrer de quoi j’étais capable pour qu’ils me fassent confiance à 100%. J’avais l’envie de marcher et de faire des résultats et grâce à ce début de saison je pense que j’ai réussi à prouver de quoi j’étais capable.

Donc maintenant, j’aurai peut-être un peu plus un rôle d’électron-libre, pas de leader unique bien sûr. Et de toute façon, je n’ai pas envie d’être un leader unique. J’ai juste envie que l’on me fasse confiance, que l’équipe marche bien. Si c’est quelqu’un d’autre qui doit être leader, je me mettrai à 100% derrière lui.

Vers quel objectifs vous tournez-vous maintenant ?

Avec Cofidis sur la Vuelta 2016, Romain Hardy avait prouvé qu’il pouvait jouer parmi les premiers rôles en montagne – (c) Sirotti

Le premier gros objectif, c’était le début de saison avec en point d’orgue Paris-Nice. Donc là, j’ai coupé un peu. J’ai relâché un peu la pression après Paris-Nice et je suis tombé un peu malade. La semaine dernière, j’ai vraiment fait une semaine de récupération.

Maintenant, je vais reprendre cette semaine sur Coppi et Bartali. Le prochain gros objectif devait être Liège-Bastogne-Liège mais l’équipe n’a pas été retenue par l’organisation, donc c’est une grosse déception. À partir de là, je vais essayer de pousser mon pic de forme jusqu’aux épreuves de Coupe de France du mois d’avril.

Une question obligatoire, après votre bon début de saison : pensez-vous au Tour de France ?

Oui forcément, après un début de saison comme celui-ci, l’équipe a plus confiance en moi. Maintenant, ils savent qu’ils peuvent compter sur moi sur les épreuves World Tour. Si tout se passe bien jusqu’au mois de juillet, la sélection pour le Tour devrait être envisagée. C’est un objectif un petit peu plus lointain. Après le petit bloc de course qui va arriver, je vais couper pour me préparer au mieux pour le Tour.

Enfin, on sent que Fortuneo-Vital Concept a évolué depuis quelques années, pensez-vous que vous pouvez jouer une place au général au sein de l’équipe ? Ou êtes-vous toujours condamné à jouer les victoires d’étapes ?

Le général est envisageable. On a plusieurs coureurs capables de faire une bonne performance. Par exemple, l’année dernière, je sais que si je m’étais mis dans la tête de jouer le top 20 de la Vuelta, j’aurais peut-être pu l’accrocher. Donc voilà, peut-être que le top 15 sera un peu limite pour moi sur le Tour mais je pense que je suis en capacité de rivaliser.

Dans mon esprit, je ne me présente pas avec l’idée de faire le général. J’avais dit la même chose sur Paris-Nice et finalement cela m’a souri donc on verra comment cela se déroule. J’y vais dans un premier temps pour aider mes leaders et puis pourquoi ne pas tenter des étapes ? Les étapes avec des arrivées pour puncheurs peuvent me convenir.

Après, on a des gars comme Arnold Jeannesson qui a déjà fait quatorzième du Tour donc je pense que lui peut avoir un objectif encore plus élevé cette année. Pourquoi ne pas rentrer dans les dix ? Je le connais bien pour avoir évolué avec lui chez Cofidis, je sais qu’il en est capable. Il a les capacités pour le faire. Nous avons aussi Eduardo Sepulveda, Maxime Bouet et Brice Feillu, qui a déjà fait un top 15. Donc je pense qu’on peut avoir l’ambition de faire un top 10 avec Fortuneo cette année.

Nationalité :
Age : 29 ans
Equipe : Fortuneo – Vital Concept
À propos de Florian Puche 80 Articles
Étudiant en histoire, Florian est passionné par le sport et en particulier le cyclisme et le rink-hockey. Ses semaines sont rythmées par les activités sportives en tout genre. Après des expériences de correspondant local sportif, il souhaite joindre l'utile à l'agréable en partageant les sujets qui lui tiennent à cœur sur Le Grand Plateau.

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