Publié le 4 mars 2017 à 20:10

Les Strade Bianche, préface d’un printemps haut en couleur

© Sirotti

Les routes blanches de Toscane sont chaque année le champ de bataille de guerriers aux qualités mentales et physiques hors-normes. L’édition 2017 des Strade Bianche n’a pas dérogé à la règle. Ce samedi, les tifosi ont pu apprécier une nouvelle passe d’armes spectaculaire ce samedi. Particulièrement gâtés, ils ont pu voir s’affronter tous les hommes forts du printemps ou presque.

Savant mélange de secteurs de graviers rappelant les Flandriennes et de profils escarpés typiques des Ardennaises, l’épreuve italienne a réuni sur le même terrain les spécialistes de chacun de ces types de courses. Certains grimpeurs et sprinteurs ont même tenté de jouer les trouble-fêtes, faisant des Strade Bianche une représentation de ce qu’il se fait de mieux dans le monde du vélo.

Greg Van Avermaet sur un nuage ?

Si le Circuit Het Nieuwsblad et Kuurne-Bruxelles-Kuurne ont déjà donné un avant-goût de la campagne des classiques le week-end dernier, l’essentiel des épreuves pavées se situent un peu plus loin dans le calendrier. Ainsi, dès la 72e édition d’À Travers la Flandre, le 22 mars prochain, les spécialistes s’écharperont durant quelques semaines.

Greg Van Avermaet a rarement bénéficié d’un tel statut de favori – © Sirotti

L’on avait déjà eu un aperçu de ce que pouvait donner la saison 2017 de la saga Van Avermaet-Sagan. Malheureusement, le Slovaque a coupé court à ce nouvel épisode. Malade, il a rejoint Sienne en voiture, ne pouvant poursuivre son effort. Le Belge, en revanche, a tenu son rang.

Échouant de peu à faire la jonction avec Michal Kwiatkowski, le champion olympique s’est néanmoins montré comme l’un des hommes forts de la journée. Facile sur les secteurs de graviers, Van Avermaet a aisément pris le dessus sur ses compagnons de route dans le mur final.

Confirmant sa puissance, sa résistance et sa capacité à accélérer à l’approche de la ligne, le coureur de la BMC annonce la couleur, s’il fallait encore une preuve du danger qu’il représente. En valeur sûre qu’il est, Peter Sagan se prépare sans aucun doute à un face-à-face sans pitié dans les semaines qui arrivent.

Trop justes, Zdenek Stybar et Tiesj Benoot ont toutefois prouvé leur bonne forme. Tous deux peuvent nourrir quelques déceptions, mais également de grands espoirs à l’aube d’une campagne des classiques qui pourrait leur sourire.

Michal Kwiatkowski, quant à lui, ne peut que se réjouir de sa journée. Lui qui n’avait plus gagné depuis le Grand Prix E3, possède de belles références sur les Flandriennes. Maintenant qu’il est rassuré quant à sa condition physique de début de saison, il aurait tort de se fixer des limites pour les prochaines échéances.

De nouveaux visages sur les Ardennaises ? 

Les Ardennaises doivent déjà être dans un coin de la tête de Michal Kwiatkowski – © Sirotti

Car il est l’un des rares coureurs capables de briller sur toutes les épreuves d’un jour du printemps. Il en a d’ailleurs fait la parfaite démonstration en surclassant la concurrence en Toscane. Cette saison, orner son palmarès d’une nouvelle Flandrienne ne semble pas pas incompatible avec un hypothétique succès lors du triptyque ardennais.

De retour à son meilleur niveau, il ne participera pourtant pas aux courses belges fin mars. Préférant Milan-San Remo et le Tour du Pays Basque, il a tiré un trait sur l’E3 et le Tour des Flandres, comme il l’avait fait en 2014. Pour mieux se concentrer sur l’Amstel Gold Race, la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège ? Pas seulement.

Cette année-là, le Polonais avait débuté sa saison par une victoire aux Strade Bianche, avant de connaître l’une des meilleures saisons de sa carrière, auréolée du titre mondial en fin d’année. Le coureur du Team Sky serait-il en passe de reproduire ses performances passées ? Ce qui est certain, c’est que ses adversaires auraient tort de ne pas se méfier de lui.

Tim Wellens réalise le meilleur début de saison de sa carrière – © Sirotti

Au même titre que ce dernier, Tim Wellens représente une autre menace émergente pour les habitués des Ardennes. Annoncé depuis longtemps comme un potentiel classicman de talent, il est l’auteur d’un début de saison bluffant. Avec trois victoires accrochées à son palmarès en neuf jours de course, le Belge pouvait déjà être satisfait.

Après sa troisième place ce samedi, la satisfaction semble bien faible pour décrire le bilan que peut dresser Wellens. Plus vieux, plus mature, il paraît être prêt à franchir un nouveau cap, sur un terrain où les observateurs l’attendent depuis plusieurs années : les murs ardennais.

Spécialiste des échappées au long cours, il lui faudra contrôler ses ardeurs pour se glisser parmi les favoris et déjouer leurs plans en usant de stratégie.

Contrairement à lui, Tom Dumoulin n’est pas un éternel espoir de ces courses d’un jour. Mais son compatriote Wout Poels, qui partage avec lui de nombreuses caractéristiques, a montré l’an passé que les surprises sont parfois possibles au bout de ces longues journées au scénario aseptisé.

En bonne forme à Abu Dhabi et surprenant de facilité ce samedi, il s’est accroché dans la roue des meilleurs pour finalement échouer à la 5e place. Il a surtout envoyé un signal fort à ses concurrents : il ne compte pas faire de la figuration lors de la prochaine édition de Liège-Bastogne-Liège, ni même lors de Tirreno-Adriatico, dans les jours qui arrivent.

À propos de Cyprien Bricout 226 Articles
Étudiant en histoire et science politique à Nice, Cyprien a pour ambition de devenir journaliste. Enrichi de diverses expériences dans des médias web et radio, il a co-fondé le Grand Plateau. En passionné de cyclisme - et plus généralement de sport - qu'il est, Cyprien a placé de grands espoirs dans ce projet, qui incarne sa vision de ce que doit être le journalisme sportif.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*