Publié le 16 mai 2017 à 20:21

Tom Dumoulin devra avoir le cuir dur

© Sirotti

Quarante kilomètres chronométrés, et voilà le Giro bouleversé. Tandis que Nairo Quintana, grand favori, avait déjà frappé un grand coup à Blockhaus, Tom Dumoulin a infligé une correction à tous ses concurrents, ce mardi.

À observer les résultats du contre-la-montre de Montefalco, le bilan du jour s’apparente davantage à un exploit du Néerlandais qu’à une contre-performance de ses poursuivants.

Au classement général, Dumoulin est désormais en tête, loin devant le Colombien. Un cas de figure qui nous promet un spectacle haletant lors des futures étapes de montagne.

Vers des étapes animées

Six maillots roses différents après seulement dix étapes. Cette année encore, l’instabilité est de mise en haut du classement. Du moins, il l’a été jusqu’ici. Avec deux minutes et vingt-trois secondes de marge sur son premier poursuivant, Tom Dumoulin devrait pouvoir conserver son bien quelques jours durant.

Mais une telle avance a aussi ses inconvénients. Maintenant que le Néerlandais règne en maître sur le 100e Giro, il va devoir faire face aux affronts de ses dauphins, tous candidats au trône. Le premier d’entre eux, Nairo Quintana, est sans doute le plus dangereux. Si le Colombien n’a pas pour habitude d’attaquer de loin, il est en mesure de reprendre beaucoup de temps en une unique montée.

Vincenzo Nibali, étonnement performant ce mardi dans une spécialité qui n’est pas la sienne, est l’un des grands gagnants du jour – © Sirotti

S’il décide d’adapter sa stratégie, l’ancien leader pourrait même s’avérer très dangereux pour le maillot rose, et notamment en dernière semaine, lors d’étapes de montagne aux multiples difficultés.

Attaquant né, Vincenzo Nibali a réalisé un très bon chrono pour se replacer au général. Cinquième à moins de trois minutes, l’Italien s’est totalement relancé dans la course au maillot rose. Lui n’attendra pas d’être au pied des ascensions finales avant de lancer les hostilités.

Entre ces deux hommes, Bauke Mollema et Thibaut Pinot auront tout intérêt à animer l’épreuve. Si tout reste ouvert pour les poursuivants des cinq premiers du classement, les écarts semblent tout de même trop importants pour inquiéter Tom Dumoulin.

Mais des grimpeurs distancés, à l’instar de Geraint Thomas, Ilnur Zakarin ou Steven Kruijswijk pourraient tout-à-fait s’allier pour tenter de renverser la hiérarchie établie.

Tom Dumoulin a-t-il assommé le Giro ?

À l’opposé de la plupart de ces hommes, Tom Dumoulin doit conserver son style. En véritable métronome, habitué à monter au train, il lui faudra résister à l’envie de suivre les nombreuses attaques auxquelles il sera exposé. En 2015 déjà, lors de son premier grand Tour parcouru dans le rôle de leader, le Néerlandais avait conservé son propre rythme, sans paniquer lorsque son maillot rouge était en danger.

Tom Dumoulin doit s’attendre à être attaqué de toutes parts jusqu’à la fin du Giro – © Sirotti

Malheureusement pour lui, il s’était effondré à la veille de l’arrivée finale à Madrid, chutant à la sixième place de la Vuelta. Avec sept étapes en ligne susceptibles de créer des écarts, le nouveau porteur du tricot rose devra être résistant et endurant. Mais cette fois, il peut même se permettre de lâcher un peu de temps lors des derniers jours, en s’appuyant sur le chrono final de Milan.

En effet, les trois semaines de compétition s’achèveront avec un nouveau contre-la-montre, certes moins difficile que celui de ce mardi, mais tout de même long de près de trente kilomètres. Sur un tel terrain de jeu et dans un grand jour, le Néerlandais est en mesure de créer un nouvel exploit.

Il lui faudra auparavant limiter la casse dans les dolomites, et compter sur un scénario indulgent qui lui permette de ne pas se faire surprendre par une offensive de grande ampleur.

Si rien n’est joué après seulement dix étapes, le Néerlandais a frappé un premier grand coup. Son infériorité présumée en montagne nous assurera un spectacle animé par les nombreux candidats encore en lice pour un bon résultat. Le Giro ne fait peut-être que commencer.

À propos de Cyprien Bricout 226 Articles
Étudiant en histoire et science politique à Nice, Cyprien a pour ambition de devenir journaliste. Enrichi de diverses expériences dans des médias web et radio, il a co-fondé le Grand Plateau. En passionné de cyclisme - et plus généralement de sport - qu'il est, Cyprien a placé de grands espoirs dans ce projet, qui incarne sa vision de ce que doit être le journalisme sportif.

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