Publié le 8 mars 2017 à 10:44

Chris Froome, une préparation à l’abri des regards

© Sirotti

Chris Froome est un coureur atypique. Dans un style qui lui est propre, il est devenu en quelques années une figure incontournable du Tour de France, course qu’il ambitionne de remporter une quatrième fois en juillet prochain. Bien au-dessus de la concurrence lors de ses trois premiers succès, le Britannique s’est rarement autant éloigné de cette dernière que depuis la dernière Vuelta.

Préférant enchaîner les camps d’entraînement, le leader de la Sky est absent des premières explications entre grands leaders. Une préparation en catimini dont il ne pourra vérifier l’efficacité qu’au Tour de Catalogne, fin mars.

Un programme discret

Depuis 2014, le programme de Chris Froome semble se répéter chaque année. À quelques détails près. Son rendez-vous catalan est coché de longue date, puisque le filiforme Anglais y a pris ses habitudes. Chaque année, celui-ci marque son retour à la compétition après une première course disputée généralement sous un climat plus clément.

Chris Froome tentera de jouer le général du Tour de Romandie cette saison, un an après sa victoire d’étape – © Sirotti

Après le Tour d’Oman en 2014, le Tour d’Andalousie en 2015, Froomey semble avoir pris goût à l’Australie, non pas grâce au Tour Down Under, qui l’exposerait à une concurrence emmenée notamment par Richie Porte ; mais bien sur l’Herald Sun Tour.

Depuis l’année dernière, il a donc décidé d’effectuer sa rentrée lors de cette épreuve discrète et ensoleillée. Une manière de reprendre le rythme avant de retourner s’entraîner en altitude, comme il le fait fréquemment.

Habituellement, sa route vers le Tour passe également par Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Romandie. Suite à cela, il s’accorde un break jusqu’au Critérium du Dauphiné, dernière étape de sa préparation avant la Grande Boucle.

Une stratégie payante ?

Ainsi, à l’heure de s’élancer dans les rues de Düsseldorf le 1er juillet prochain, Chris Froome devrait compter 28 jours de course dans les jambes, un total environ égal à celui de l’an passé. À titre de comparaison, Vincenzo Nibali avait accroché pas moins de 46 dossards avant de rejoindre Leeds lors du Tour de France 2014.

Pendant que le Britannique se prépare en Afrique du Sud, son grand rival Nairo Quintana compte déjà une douzaine de jours de course avant Tirreno-Adriatico – © Sirotti

Jamais depuis la fin de l’ère Armstrong un vainqueur de la Grande Boucle n’avait aussi peu roulé que lui. Du moins, en compétition. Car le Britannique enchaîne les camps d’altitude et les kilomètres. Cette année, il s’est retranché en Afrique du Sud tandis que la concurrence s’écharpait sur les épreuves du Moyen-Orient et d’Europe.

À Düsseldorf, il sera le favori au plus faible total. Car aucun de ses rivaux n’adopte la même stratégie. Tous auront couru davantage que lui. Si la fraîcheur pourrait jouer en sa faveur, et notamment en montagne, il devra se méfier de son manque de rythme, qui est susceptible de l’handicaper en cas de bordures ou de coalition dirigée à son encontre.

Toujours est-il que Chris Froome expérimente de nouvelles approches. Payante ou non, celle choisie cette année lui permet en tous les cas d’observer, tapi dans l’ombre, ses adversaires. Tel un prédateur, il aiguise ses canines et attend le bon moment pour surgir.

Nationalité :
Age : 32 ans
Equipe : Team Sky
À propos de Cyprien Bricout 226 Articles
Étudiant en histoire et science politique à Nice, Cyprien a pour ambition de devenir journaliste. Enrichi de diverses expériences dans des médias web et radio, il a co-fondé le Grand Plateau. En passionné de cyclisme - et plus généralement de sport - qu'il est, Cyprien a placé de grands espoirs dans ce projet, qui incarne sa vision de ce que doit être le journalisme sportif.

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