Publié le 6 mars 2017 à 19:43

Sans John Degenkolb, Alberto Contador a frôlé la catastrophe

© ASO/K.D.Thorstad

La deuxième étape de Paris-Nice a encore offert un scénario imprévisible. Dans des conditions dantesques, les coureurs ont livré bataille durant les 195 kilomètres. Pas de temps mort pour le peloton qui a explosé dès la sortie de Rochefort-en-Yvelines sous l’impulsion du vent.

Alors que la course battait son plein, à plus de cent kilomètres de l’arrivée à Amilly, une situation de course n’a pas manqué de faire réagir. Pendant qu’Alberto Contador bataillait au sein du deuxième groupe, à deux minutes de la tête de course, son coéquipier John Degenkolb restait à l’avant. Une décision étonnante de la part de l’équipe américaine.

John Degenkolb n’attend pas Alberto Contador

Alberto Contador, bien entouré sur le Tour d’Abu Dhabi – (c) ANSA/Claudio Peri

Depuis le début de saison, Alberto Contador ne cesse de louer l’état d’esprit irréprochable et le collectif de la formation Trek-Segafredo. Il faut dire que le Pistolero vient de conclure une année particulièrement délicate au sein de la Tinkoff, où ses relations avec le propriétaire russe étaient déplorables. Venu chercher une confiance égarée, l’Espagnol semble être conquis par ses nouveaux camarades.

Pourtant, au milieu de la plaine Orléanaise, le double vainqueur de Paris-Nice avait bien besoin des services de son collègue allemand. L’équipe Trek-Segafredo a choisi une autre option, préférant laisser son sprinteur jouer la victoire d’étape à l’avant. Mal embarqué, le champion espagnol voyait Ilnur Zakarin, Julian Alaphilippe, Sergio Henao et Tony Gallopin le distancer au classement général. Un troisième Paris-Nice s’éloignait pour Contador.

La suite de l’étape allait donner raison aux directeurs sportifs de la formation américaine. En effet, le deuxième peloton, composé d’une soixantaine de coureurs, s’entendait pour rentrer sur l’avant de la course, où les relais étaient moins vigoureux. À cinquante bornes de la ligne, Alberto Contador retrouvait la tête et ses chances de victoire finale. Alors coup de génie ou coup de folie ?

Stratégie gagnante pour la Trek-Segafredo

Deuxième, John Degenkolb est passé tout près de la victoire – © ASO/A.Broadway

On se souvient du dernier Tour de France, où le Pistolero, blessé, se débrouillait seul. Roman Kreuziger refusant de l’attendre et Rafal Majka se promenant à l’avant de la course.

Le scénario du jour n’a pas abouti sur une perte de temps pour le double vainqueur du Tour de France, mais l’état d’esprit affiché par Degenkolb ne va pas manquer de soulever quelques questions. Il est curieux de privilégier une victoire d’étape à une victoire finale, surtout lorsque l’on possède un leader aussi charismatique qu’Alberto Contador.

Finalement, le bilan comptable est positif pour le leader de la Trek-Segafredo qui ne perd pas de temps supplémentaire sur ses rivaux. Mieux, il a vu Richie Porte se faire éliminer de la course au maillot jaune. Son principal adversaire a terminé à près d’un quart d’heure. Désormais, Contador doit regarder devant. Obligé de passer à l’offensive, il va enfiler son costume d’agitateur. Cela tombe bien, c’est dans ce rôle qu’il est le meilleur.

Nationalité :
Age : 34 ans
Equipe : Trek – Segafredo
À propos de Romain Michel 140 Articles
Diplômé en Master Information et Communication à Lyon, Romain est un sportif accompli depuis la sortie du berceau. Il rejoint le Grand Plateau après plusieurs expériences dans les médias. Cycliste amateur, il pose un regard passionné et avisé sur le peloton.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*