Publié le 8 avril 2017 à 19:12

Mathew Hayman en quête de l’impossible doublé

© Sirotti

Il a lancé un pavé dans la marre. Sur le vélodrome de Roubaix, personne n’attendait Mathew Hayman. Pourtant, c’est bien lui qui, à la surprise générale, s’est imposé en 2016 dans l’Enfer du Nord. Un exploit.

Les 38 printemps de l’Australien n’ont jamais connu la joie du 37e. Il y a à peine un an, le coureur sortait de l’anonymat pour coiffer au sprint, excusez du peu, Tom Boonen et ses quatre pavés au compteur, sur la ligne d’arrivée. Douze mois plus tard, le coureur australien est investi d’une mission impossible : conserver son titre.

« Cela va être très difficile de gagner à nouveau dimanche », admet le cycliste au Grand Plateau. Difficile ? Un euphémisme pour la « Reine des Classiques ». Au delà des aléas déjà exécrables de course, Mathew Hayman devra faire face aux esprits vengeurs de la pléthore d’outsiders.

Hayman et Duclos-Lassalle, même combat

Mathew Hayman est toujours à l’aise sur les pavés – (c) Sirotti

Tom Boonen pour la der des ders, Peter Sagan ou encore Greg Van Avermaet seront les légitimes favoris de l’épreuve. Pire, le Wallaby est dans l’obligation de composer avec les forces concurrentielles de sa propre formation. « Je ne serai pas le leader sur Paris-Roubaix » confie facilement le coureur qui sera devancé dans la hiérarchie par Luke Durbridge et Jens Keukeleire, finalement partant.

La densité chez Orica-Scott réduit presque à néant les chances de succès du vétéran. Pourtant, le vieux briscard veut (un peu) y croire : « Rappelez-vous, en 1993, Gilbert Duclos-Lassalle a réussi contre toute attente à conserver son titre ». Et à l’époque de son deuxième pavé, le Français avait… 38 ans. Simple hasard à valeur de prémonition ?

Rien n’est moins sûr, tant il est rare que la belle histoire de l’enfer se répète. Depuis le vétéran tricolore, seul Tom Boonen a réussi à conserver son titre dans le Nord (en 2009). « Paris-Roubaix c’est la course que j’aime. Je vais aider mes coéquipiers du mieux que je peux » déclare Hayman. Une façon d’avouer, à demi-mot, l’inaccessibilité du doublé.

Après l’enfer, la retraite ?

Mathew Hayman rempilera-t-il pour une saison supplémentaire ? – (c) Sirotti

Mais avant d’atteindre l’enfer, l’infatigable Australien devra passer au purgatoire. Et son palmarès ne plaidera pas en sa faveur : seule une victoire sur Paris-Bourges 2011 vient s’ajouter à « son » Paris-Roubaix. Qu’importe, en gagnant l’an passé, il a confirmé ses belles aptitudes déjà aperçues sur les autres éditions (8e en 2012, 10e en 2011).

Un pavé dans la marre qui a donné un diabolique sourire à Orica-Scott. Sa formation sera d’ailleurs l’une des seules à pouvoir se targuer d’avoir dans ses rangs un ancien vainqueur de l’épreuve.

Si le doublé reste loin d’être acquis pour l’équipe australienne, une certitude émane de son champion sortant : la retraite est proche. Un déclin sportif que le natif de Camperdown prétend ne pas encore observer  : « J’aime toujours faire du vélo. Si j’arrive encore à allier cela avec ma vie de famille, alors je courrai encore l’an prochain ».

En attendant, Mathew Hayman a un titre à défendre. Un des seuls de sa carrière. Un des plus beaux. S’il lève encore les bras à Roubaix, il deviendra, à presque 39 ans, le plus vieux vainqueur de l’enfer du Nord. Good luck in hell.

Nationalité :
Age : 39 ans
Equipe : Orica-Scott
À propos de Nathanaël Valla-Mothes 96 Articles
Etudiant en Master II Journalisme, Nathanaël est un passionné de cyclisme qui peut compter sur ses expériences dans les médias. Son atout principal ? Son court passé de cycliste amateur qui lui permet d'apporter son analyse, et de comprendre ce sport de l'intérieur.

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