Publié le 23 février 2017 à 12:04

Quand la petite reine est meurtrie

© Wikipédia / Le Grand Plateau

6 juillet 2015 : le Tour de France retient sa douloureuse respiration. La malchance arbitraire du goudron vient de fondre sur les coureurs. Le bilan est lourd : abandon du maillot jaune Fabian Cancellara, et fracture des cervicales pour William Bonnet. Le drame est évité de justesse.

Francesco Cepeda, Fabio Casartelli, Andrei Kivilev : nombreux sont ceux à avoir pourtant payé l’inestimable prix d’une vie sur les routes françaises. Parmi les acteurs de la petite reine, la malchance frappe d’ailleurs sans distinction.

Le Tour de France a connu trois chutes mortelles. Trois de trop – (c) Wikipédia

En 1935, alors que Romain Maes fait des miracles sur son deux roues, Francesco Cepeda, petit Espagnol aux 29 printemps, chute violemment dans la descente du col du Galibier. Son transport d’urgence à l’hôpital de Grenoble ne changera pas l’issue de sa crevaison fatale. Le « Pauvre petit Cepeda » (L’Auto, 16 juillet 1935) meurt le 14 juillet de la même année. Le deuil est national.

Sur le Tour de France 1995, dans la descente du col pyrénéen de Portet-d’Aspet, Fabio Casartelli, 25 ans, heurte de plein fouet, sans casque, une borne en béton qui longe la route. La mare de sang témoigne de la violence du choc. L’homme décédera quelques heures plus tard.

Le monde du cyclisme pleure. Le traumatisme est à la hauteur de l’émotion suscitée par le décès du champion italien : immense.

 

Le tournant Andrei Kivilev

C’est la chute mortelle d’Andrei Kivilev sur Paris-Nice 2003 qui relance finalement le débat sur la sécurité des coureurs en France. Présent ce jour-là dans le peloton, Christophe Oriol (AG2R Prevoyance) se souvient : « Cela a été vécu comme un véritable traumatisme par le peloton. Le débat sur la protection de la tête, qui faisait polémique depuis de nombreuses années a été perçu d’une autre façon ».

Antoine Demoitié : sourire constant, coureur brillant – (c) A.D/Twitter

Deux mois plus tard, sur la Grande Boucle, Jean-Marie Leblanc, alors directeur de l’épreuve, impose la seule et très minime protection du forçat : le casque. Cette armature rigide devient vite indispensable et l’exception de la dernière ascension ne confirme plus la règle. L’UCI impose son port obligatoire en 2005 sur toutes les courses cyclistes du monde.

Depuis, démocratisation des compétitions oblige, d’autres ombres menacent la tête des coureurs. Entre autres, le mariage impossible entre véhicules, spectateurs et risque zéro.

L’histoire récente en est la preuve tragique : les deux étoiles belges, Antoine Demoitié et Wouter Weylandt, ont funestement rappelé que le risque n’est jamais loin de ce sport tantôt si pernicieux.

Ces champions sont partis trop tôt. Ils courent maintenant sur les routes immaculées du paradis.

À propos de Nathanaël Valla-Mothes 96 Articles
Etudiant en Master II Journalisme, Nathanaël est un passionné de cyclisme qui peut compter sur ses expériences dans les médias. Son atout principal ? Son court passé de cycliste amateur qui lui permet d'apporter son analyse, et de comprendre ce sport de l'intérieur.

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