Publié le 2 juillet 2017 à 17:59

Quick-Step, l’adage de la discrétion

©BrakeThrough Media

De la tête et des épaules. Sorti de la jungle, le rugissant Marcel Kittel (29 ans) se jouait de Sonny Colbrelli à cinquante mètres de la ligne dimanche à Liège. L’occasion d’ajouter une dixième ligne à son palmarès sur le Tour de France.

« Natürlich ! » auraient répondu les supporteurs venus d’Allemagne, d’où la première étape en ligne de ce Tour 2017 s’est élancé. Si les successeurs d’Erik Zabel sont passés maître dans l’art du sprint, que dire alors quand ils étrennent le maillot de la meilleure formation en la matière, Quick-Step Floors ?

Plus qu’à sa terre natale, fourmillante de puissantes grosses cuisses, Marcel Kittel doit d’abord sa victoire à la flotte bleue et blanche Quick-Step. Sur-motivés à domicile, les wagons du train belge n’avaient plus à étaler leurs talents au sprint.

Depuis le début de l’année, Patrick Lefevere et les siens affichent l’impressionnant bilan de 22 victoires, dont celle du jour, lors d’arrivées massives. Aucun autre train n’arrive autant à l’heure.

L’équipe Quick-Step compte sur Marcel Kittel pour lui rapporter plusieurs victoires d’étape – © Sirotti

Un sprint habilement construit

Pourtant, Marcel Kittel paraissait bien esseulé au moment de pointer sa bouille à l’avant du peloton. Ce serait à si méprendre. Toute la journée durant, l’équipe Quick-Step, garnie comme jamais sur la Grande Boucle, couve le géant d’Arnstadt. Pari payant tandis que le ciel grognait et que la chaussée a envoyé au tapis plusieurs coureurs.

Remonté timidement, Marcel Kittel se fait un temps oublié. Devant, Sonny Colbrelli appuie un peu vite sur la gâchette, Peter Sagan s’y confond déjà en vainqueur et Nacer Bouhanni en profite pour déborder le champion du monde avant de manquer de jus.

Marcel Kittel, ce charogne de coureur à côté du radiateur, se propulse rapidement en premier de classe. Patience, intelligence, lucidité. Quand les rois du sprint perdent ces qualités au sommet de l’effort, l’Allemand les extrait de sa palette. Les apparences sont parfois trompeuses.

Aucune équipe capable de rivaliser

En 2016, le fer de lance de Quick-Step rentrait du Tour avec un seul bouquet dans les bagages. La faute à un Mark Cavendish survolté, qui le priva de victoire à deux reprises.

Seulement quatrième au Quai des Ardennes, le « Cav » se ressent encore de sa mononucléose du printemps. Arnaud Démare toujours proche du bon coup, Peter Sagan capable du meilleur comme du pire ou son compatriote André Greipel paraissent les mieux armés pour lutter avec Kittel.

A armes égales ? Lotto Soudal et FDJ y répondraient par l’affirmative. Mais qui possèdent véritablement dans ses rangs des poisson-pilotes de la trempe de Gianluca Brambilla ou de Zdenek Stybar, le maillot bariolé aux couleurs de la République Tchèque ?

Les footeux vous diront toujours que la meilleure équipe gagne la Coupe du Monde. Le parallèle paraît évident dans le sprint. Et à la fin, c’est l’Allemand qui gagne.

Manager : Patrick Lefevere
Nationalité :
Site officiel : http://www.etixx-quickstep.com
À propos de Mathieu Roduit 220 Articles
Étudiant en licence d'information et de communication, Mathieu a déjà mis un pied dans le monde du journalisme. Pigiste sportif dans plusieurs quotidiens en Suisse, il possède de nombreuses cordes à son arc. Ce cycliste amateur a fait de la petite reine son domaine. Mathieu a cofondé Le Grand Plateau.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*